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Psychologie clinique de la migration |
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Introduction
La psychologie clinique de la migration est un champ de la psychologie focalisé sur la migration et son approche clinique. En effet nous allons voir le retentissement de l’expérience migratoire sur l’individu, plus particulièrement sur l’enfant (question de l’identité de l’enfant migrant, etc.) mais aussi sur la parentalité en contexte migratoire. Qui sont les migrants ? De quoi est faite l’expérience de leurs enfants ? Pour comprendre qui ils sont, pour appréhender leur expérience et celle de leurs enfants, il nous faut regarder plans distincts : - le contexte dans lesquels ils s’insèrent : les conditions des migrants, comment ils sont traités par les institutions, comment la question migratoire a été traitée au cours de l’histoire … - le contexte culturel d’où viennent ces migrants : on s’intéressera plus particulièrement à l’organisation de la famille, sa logique interne, la répartition des relations à l’intérieur de la famille et l’organisation des apprentissages initiaux à l’intérieur de la famille. En abordant cette question on pourra comprendre quelles sortes de répercussions cette organisation peut avoir sur la construction psychique de l’enfant, ainsi que sur le processus de parentalisation. Nous pourrons mieux cerner le rôle des parents dans leur culture initiale pour ensuite mieux comprendre les modifications survenues au niveau de ces rôles lors de la migration, et donc comprendre certaines défaillances dans l’exercice de l’autorité parentale lors d’une migration.
Enfant et migration La question de l’enfant issu de l’immigration est loin d’être dérisoire tant le nombre de demande d’aide et de soins augmente et tant la position de l’enfant au sein de la société est spécifique. En effet le nombre d’enfants nés à l’étranger a augmenté en France. Il faut les accueillir de façon adaptée, à la fois sur le plan socio sanitaire et sur le plan pédagogique (dans les écoles). Ce nombre n’est pas constant : il fluctue en fonction des lois sur le regroupement familial et en fonction de la conjoncture démographique globale et migratoire (favorable à de grands mouvements de population notamment à travers l’immigration et l’expatriation.
Immigrant : celui qui est seul responsable de l’initiative de sa transplantation et qui, en général, est motivé par des raisons économiques. Expatriation : transplantation répondant à des nécessités professionnelles.
Les problèmes d’adaptation
Les enfants d’immigrés qui vivent en France se trouvent dans une situation considérée spécifique car ils peuvent rencontrer des problèmes d’adaptation qu’il faut savoir appréhender dans leur spécificité, en prenant compte de ces trois éléments en même temps : - Les conditions matérielles présentes - La trajectoire migratoire - Les acquis antérieurs (culture, références, valeurs, connaissances, croyances, etc.)
Ces enfants sont en majorité allophones (ils parlent une autre langue que celle du pays où il sont). Les enfants migrant peuvent avoir des problèmes d’adaptation, qui ne nécessitent pas forcément d’être psychiatrisé, notamment si ils relèvent d’une simple aide éducative. Ces problèmes sont dus à une éventuelle désorganisation de l’enfant par l’absence de cohérence entre deux systèmes culturels mal articulés. Cette désorganisation crée un maillage au niveau des identifications devant être proposées à l’enfant, c'est à dire une confusion des rôles et des positionnements à l’intérieur de la famille. Cette mauvaise articulation crée aussi une incohérence au niveau des pratiques éducatives familiales. L’intervention éducative ou psychiatrique doit intervenir à la jonction de ces deux systèmes culturels. Il faut prendre en compte les deux cultures pour favoriser l’élaboration d’une culture hybride (hybridation : association visant à créer quelque chose de nouveau – ici une culture)
L’enfant immigré et da famille
L’enfant transplanté avec sa famille a déjà fait l’apprentissage d’un système culturel. Son jeune âge lui permet cependant d’entrer de plein pied dans le nouveau système qu’il rencontre en migrant. La transplantation des parents entraîne chez ces derniers deux nécessités : - S’adapter au nouveau système culturel - Accepter des réaménagements, une recomposition au niveau de leur identité personnelle
De ce fait deux systèmes éducatifs peuvent interagir, entrer en compétition, produire des contradictions et brouiller les valeurs et références éducatives chez l’enfant mais aussi chez les parents. Les enfants dans ce cas peuvent être désorganisés par l’absence de cohérence entre deux systèmes culturels mal articulés l’un à l’autre. Attention ce n’est pas la confrontation entre deux systèmes qui est pathogène en soi mais leur cohérence, leur articulation. On peut observer un brouillage au niveau des modèles et des identifications qui doivent être proposées à l’enfant lors d’une mauvaise articulation entre deux systèmes culturels.
Identification : dans l’action éducative, on dit à l’enfant (explicitement ou non) qu’il doit s’identifier à un membre de sa famille. Chez l’enfant immigré il y a confusion des rôles et des positions à l’intérieur de la famille. Par ex. on peut remarquer que des enfants d’immigrés, comme ils peuvent apprendre plus vite une langue que leurs parents, traduisent très souvent les interactions entre leurs parents et un tiers (cela ce fait très souvent dans le milieu scolaire par ex.). C’est une pratique nocive : en effet elle « parentalise » l’enfant et disqualifie le savoir des parents. Cette disqualification des parents va empêcher un adolescent à trouver son identification au niveau de ses parents
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