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Les stéréotypes
Le stéréotype renvoie à des idées reçues, des clichés, sui relèvent des croyances. Il permet de penser simplement et immédiatement la réalité sociale. Il permet de ne pas réfléchir et cela peut être une solution aux problèmes que l’on rencontre. Le stéréotype débouche sur la catégorisation, c'est-à-dire que l’on pense en catégories. Cela concerne en particulier autrui. On classe la personne en fonction de critères simples : âge, sexe, appartenance ethnique, etc. On lui attribue toutes les caractéristiques de son groupe ensuite. Stéréotype : représentation simplifiée d’un catégorie de personne.
Expérience : les enfants aisés sont vus comme étant intellectuellement plus doués que les enfants de familles pauvres. Partant de ce constat en 1983 Darley et Gross ont montré à un groupe d’étudiant une vidéo d’Hannah, jeune fille de 9 ans. Un premier groupe voit une vidéo d’Hannah qui joue dans un appartement cossu. Un deuxième voit une autre vidéo où Hannah joue dans un appartement pauvre. Ensuite les 2 groupes voient Hannah faire un test auquel elle réussit moyennement. La tâche des sujets est de juger Hannah sur son test.
C’est là qu’on voit l’intervention du stéréotype : Hannah riche est vue comme distraite mais intelligente et Hannah pauvre intellectuellement limitée.
Le stéréotype s’auto entretient c'est-à-dire qu’il trouve les preuves de sa véracité tout seul. Par exemple aux EU les noirs sont vus comme agressifs. Ce fait est entretenu par les médias. En 76 Duncan va demander à des étudiants blancs de regarder une vidéo. Sur cette vidéo 2 individu parlent, puis le ton monte jusqu'à ce que l’un des 2 commence à frapper l’autre. Il y avait 4 groupes avec pour différence la couleur de peau des personnages (noir-blanc / blanc-noir / noir-noir / blanc-blanc). Les sujets doivent juger le fait sur un questionnaire. Résultat : 70 % des étudiants jugent que l’agresseur noir est violent pour 15 % à propos de l’agresseur blanc. Un même comportement peut donc être perçu différemment selon les stéréotypes. Ici le stéréotype du noirs violent est confirmé. Le stéréotype peut également modifier les comportement (méfiance envers les noirs, etc.)
Snyder et al. (1977) étudièrent les stéréotypes liés au sexe. Le sujet était masculin et devait faire un entretien téléphonique avec une étudiante. On lui montre tout d’abord la photo de la fille à qui l’on doit téléphoner, fille soit belle soit moche, et le sujet doit évaluer son interlocutrice au téléphone. Lorsque la fille est belle le sujet la juge comme intelligente, sympathique, dynamique alors que lorsque la fille est moche elle est jugée comme simple, méchante, apathique, etc. Le stéréotype ici est : les personnes avenantes sont intelligentes. La beauté est valorisée.
On va ensuite évaluer le niveau des conversations enregistrées préalablement. Il s’avère que l’individu ajuste son comportement à la situation car le dialogue est élevé quand la fille est jolie
PERCEPTION SOCIALE SEMAINE 6
Experience de (sichter & ??)
Les sujet subissent donc une injection d'adrenaline et sont placé dans 4 groupes : . A = les sujets sont mis au courant de ce qu'on leur injecte . B = on leur donne une information fausse concernant ce que l'on injecte . C = on ne leur donne aucune information . D = gp controle : on leur injecte un placebo
Dans la salle d'attente, un compère qui se presente comme sujet de l'expérience est mis en relation avec le sujet, et se montre soit colèrique, soit euphorique. Resultats pour chacun des groupe. . A = les sujets ne se laissent pas influencer par le cinéma du compère. Ils attribuent leur excitation à la piqure. . B & C = l'influence du compère est manifeste. Ils ressentent une certaine excitation mais il ne comprennent pas quelle en est la cause. Ils lui attribuent donc un sens en cherchant dans l'environnement. Ici le compère en est la cause et c'est pour cette raison que le comportement du sujet va ensuite se caler sur le comportement du compère (si euphorie > euphorie ; si colère > colère).
Interpretation. Le compère est devenu un "referent social", les sujet avaient pourtant l'impression que leur comportement venait d'eux même. Leur autoattribution (causalité interne) est fausse car c'est la piqure qui en est la cause (causalité externe). Les sujets du groupe D se sont laissé influencer un petit peu par le compère. Cet evenement n'étant pas prévu, l'explication que l'on en donne est que la piqure avait troublé mentalement le patient.
SCHECHTER (?) a trouvé que l'on pouvait influencer l'autointerprétation de l'émotion, grâce à l'experience suivante :
Les sujets sont mis en situation d'examen. Ils ont plusieurs opportunité de tricher. Sont construit 2 groupes : . A = situation normale : quand les sujets prennent conscience qu'ils peuvent le faire, il sont tenté et se retrouvent donc excités. Pourtant ils ne le font pas par peur d'être pris en flag (l'excitation est percu comme cause interne). . B = avant l'examen Schechter donne un placebo qu'il pésente comme un stimulant du cerveau qui possède toutefois un effet secondaire : l'excitation. Ici quand les sujet prennent conscience de la situation, ils expliquent leur excitation comme cause externe (piqure) et se mettent donc à tricher sans vergogne.
L'optique thérapeutique de DAVISON (1979)
Davison et son équipe ont surtout traité des insomniaques. Leur cure type était de prendre un somnifère, de faire respecter un horaire strict de sommeil, et de faire pratiquer la relaxation au malades. Les résultats étaient tous positifs. On essaye donc de faire arreter la prise du somnifère. Pour cela on annonce à un certain nombre de sujet que le somnifère n'était en réalité qu'un placebo, et à d'autre non. Résultat : les gens du premier groupe ont mieux soigné leur insomnie que les autres. Explication : ils ont attribué la réussite du traitement à eux même (causalité interne).
Théorie de l'attribution causale
Les théoriciens se sont trouvés très interessés par l'interprétation verbales des formes géométriques. HEIDER & SIMMEL (1944) Ils ont présenté à des sujets une animation de quelques minutes, avec un carré immobile avec une ouverture en son centre et des petites forme géométriques (triangle, ronds, etc.) qui se baladaient tout autour. Il se trouve que les sujets ont souvent attribué des sentiments humains aux figures, et le rôle de "maison" au carré immobile. MICHOTTE (1945) Utilise un matériel analogue à celui d'Heider et Simmel. Il a remarqué que l'interpretation verbale utilisait constamment le "comme si". On fait donc constamment appel à nos expériences de la vie humaine qui sert de prototype à toutes les autres. TAGIURI (1960) Utilise deux points A, B pour son expérience. Ces 2 points sont reliés soit par une ligne droite soit par une ligne courbe. La consigne est de "décrire le marcheur". Le sujet pour la ligne droite dit que "le marcheur sait où il va, il est alerte, résolu, déterminé", et pour la ligne courbe "qu'il flâne, est insouciant, va au petit bonheur la chance". On voit bien qu'on projette sur ce stimulus des sentiments humains.
Heider et Simmel ont introduit 2 notions : la formation de l'unité et cause et effet (ou acteur et acte), inspirée de la Gestalt. Prototype des origines : on croit avoir découvert la cause quand on désigne le coupable. Dans l'absolu l'humain est la cause de toutes les situations.
En 58 Heider a fait le projet d'élaborer une psychologie du sens commun (qui étudie la psychologie spontanée que le sujet utilise dans les relations quotidiennes). Cette étude est essentielle pour comprendre les relations humaines. L'analyse naive de l'action (interprétation d'autrui) permet en effet de mettre de l'ordre dans les comportements (observation, hétéroattribution, autoattribution).
En 72 Weiner a élaboré une théorie des attributions liées au succès et à l'échec. Pour expliquer le succès ou l'échec les gens utiliseraient 4 causes qu'ils classeraient en 3 dimensions. . Capacité de celui qui executé la tache (appréciée à partir des des réussites passées de l'individu). . Effort (a partir de l'observation du comportement) . Difficulté de la tache (jugée en fonction de la réussite totale) . Chance (si le succès est surprenant) Ces causes peuvent être . Stables / Instables . Internes / Externes . Controlables / Incontrolables
Stable / Instable Interne / Externe Controlable / Incontrolable Capacité OUI OUI NON (a court terme) Effort NON OUI OUI Difficulté OUI (relative) NON NON Chance NON NON NON
Les travaux expérimentaux ont montré que la difficulté apparait plutot après un échec qu'un succès (il a échoué ... c'était dur). La capacité, l'effort et la chance apparaissaient plus fréquemment après le succès (il a réussi car il était capable). Un résultat surprenant est attribué à une cause instable (chance & effort) Un résultat attendu est attribué à une cause stable (capacité & difficulté)
Un succès peut être interprété différenmment selon le sexe. EMSWILLER (1974) a demandé à des étudiants d'expliquer un succès identique dans 4 conditions différentes,selon les sexe de la personne. La tache est soit masculine (moteur) soit féminine (robe).
Acteur Tache Groupe A Masculin Masculine Groupe B Feminin Feminine Groupe C Masculin Feminine Groupe D Feminin Masculin
Le sujet doit repondre à un questionnaire à échelle bipolaire (capacité |--------------| chance) et doivent y placer leur avis sur la réussite des sujets. On constate que le succès des taches masculines sont attribuées à la compétence pour les hommes et à la chance pour les femmes. Ensuite le succès de la tache feminine est attribué à la compétence et femmes et curieusement de la compétence des hommes.
La reponse des etudiants et etudiantes sont les mêmes : les stéréotypes de sexes sont identiques pour les deux.
Théorie de l’attribution de Kelley (1967)
Cette théorie est composée d’un modèle qui explique les processus d’attribution. Elle comprend 2 volets : la théorie de la covariation et la théorie de la configuration. La théorie de la covariation. Principe : l’auteur de l’attribution recherche toujours l’absence ou la présence de liaisons entre des causes et un comportement observé. La question est donc de savoir si un comportement est lié à une cause ou non. On parle de covariation car cause et comportement travaillent conjointement. Il faut avant tout savoir que la cause peut être due aux caractéristiques propres de la personne (causalité interne) ou aux caractéristiques de la situation (causalité externe).
Lorsque l’on veut attribuer une cause à un comportement il faut se poser 3 questions : . La particularité du stimulus : la personne observée réagit elle spécifiquement à ce stimulus ? . La consistance du stimulus : la réaction est elle toujours la même face à ce stimulus ? . Le consensus : des personnes différentes réagiraient elles de la même façon ?
Exemple : Pierrot, 8 ans, est anxieux dès que son père le regarde ou lui parle. A quoi peut on attribuer cette réaction ? [sti. >> père] Particularité : forte car il réagit spécifiquement à son père, qu’importe l’endroit, etc. Consistance : forte car il réagit toujours de la même façon face à son père. Consensus : fort car tout le monde réagirait de la même façon. Ce comportement est observé dès que le père est présent : l’anxiété est donc liée au stimulus père (causalité externe) Exemple : Charles, lors d’une soirée mondaine à Neuilly, courtise Anne comme il en a l’habitude de le faire avec toutes les filles lors de ses soirées. Même question. [sti. >> Anne] Particularité : faible car Charles réagit identiquement pour toutes les filles, et non pas Anne en particulier. Consistance : forte car sa réaction devant les femmes est toujours identique. Consensus : faible car tous les gens ne font pas la même chose que lui. Ce comportement n’est pas explicable par un stimulus particulier mais par une dimension spécifique de sa personnalité (causalité interne). Exemple : 2 individus louches armés d’un couteau pénètrent chez une vieille dame. La femme réagit en hurlant. A quoi peut on attribuer cette réaction ? [sti >> individus armés] Particularité : faible car la vieille femme réagirait de la même façon si il y avait un nombre plus ou moins élevé de cambrioleurs. Consistance : faible car si le stimulus se produisait autre part (dans la rue, etc.) elle ne réagirait pas de la même façon. Consensus : fort car tout le monde réagirait de la même façon. La panique est donc liée non pas aux deux individus, mais à la situation d’agression (causalité externe).
Ce modèle est pourtant imparfait : la critique est que le stimulus est extrait de la situation et que ce découpage peut varier selon les observateurs. Exemple : Ce soir Jacques est en forme, lors de la soirée qu’il a organisé, il fait rire tout le monde par ses pitreries (...) : a quoi peut on attribuer cette réaction de rire ? Sti. > Jacques lui-même ? Jacques en boute en train ? Ses farces ? Ce découpage de stimulus varie donc pour l’observateur. Et cela n’est pas un défaut dû qu’ à une vision dichotomique de la chose (stimulation situation) car même si l’on suit un continuum (stimulation ------- situation) on se retrouve confronté au même problème. Ex : Jacques adore la nouvelle Ferrari mais aussi toutes les voitures de sport en général. [sti. >> voitures de sport ou Ferrari ?] Particularité : fort pour les voitures de sport mais faible pour la Ferrari. Consistance : fort ou faible Consensus : fort ou faible La perception dépend donc de l’observateur
La théorie de la configuration Bien connaître quelqu’un exige des informations réparties dans le temps et une analyse de ces informations. Un observateur peut fort bien ne pas disposer de telles informations et n’avoir ni le temps ni l’envie de les réunir. Face à quelqu’un d’inconnu on va essayer d’attribuer des causes au comportement, en tenant compte de la configuration des facteurs susceptibles d’être reconnus comme cause.
Schéma causal : fourni des hypothèses entre causes et effets. Entre 2 causes possibles on éliminera la moins fréquente. A partir des expériences passées de l’observateur on attribue la cause la plus probable. Parfois la théorie de la configuration interfère avec celle de la covariation. Scénarios : la notion de schéma causal a été reprise et élargie par la suite. Langer (1978) a soutenu que généralement les gens ne raisonnaient pas selon la covariance mais qu’ils se contentaient d’attribuer des scénarios (stéréotypes / connaissances sociales stockées en mémoire / chaîne d’attribution figées en stéréotypes) Moreno (auteur du psychodrame) parle de conserves culturelles. Selon lui elles nous polluent l’esprit et étouffent notre spontanéité naturelle. Sa critique contre la théorie de la covariation est qu’elle se centre trop sur l’individu en oubliant son environnement social. La théorie de la configuration s’appuie sur les réactions de l’in-group (amis) et de l’out-group (non amis), soit la catégorisation sociale (on partage des croyances sur les membres de l’autre groupe, on les catégorise, etc.).
Expérience : Taylor et Jaggi (1974) _ Dans le sud de l’inde, un questionnaire à été proposé à 30 adultes hindouistes. Ce questionnaire était composé de 2 parties. La première partie concernait leur jugement sur d’une part les hindous et de l’autre les musulmans. Elle était composée de 12 échelles bipolaires de 7 degrés chacune. On explore ensuite le stéréotype des hindous pour les hindous et celui des hindous pour les musulmans. On constate que la perception des membres de l’in group était meilleure que celle de l’out. Ils n’était équivalent que sur 3 traits. La deuxième partie était un récit qui variait selon les groupes : le héros est soit hindou soit musulman et son comportement est soit désirable soit indésirable. Par exemple un commerçant hindou est magnanime avec le sujet, une maîtresse de maison musulmane accueille le héros, le sujet est maltraité et sauvé par un hindou, etc. Les sujets devaient fournir une explication du comportement du héros : la causalité était elle interne ou externe ?
% DES ATTRIBUTIONS DE CAUSALITE EXTERNE Comportement positif Comportement négatif Interlocuteur hindou 58,3 2,5 Interlocuteur musulman 11,7 32,5
Lorsque le comportement est positif l’attribution est généralement interne pour les hindous et externe pour les musulmans (la loi les obligent à être aimable). Lorsque le comportement est négatifs l’attribution est généralement interne pour les musulmans et externe pour les hindous (les circonstances l’ont fait agir comme cela).
La catégorisation sociale Il est donc pratique de catégoriser les gens, de s’attendre à ce qu’il réagissent toujours de la même façon à partir d’un trait attribué (stéréotype).
Théorie implicite de la personnalité Cette théorie montre qu’a partir d’un trait constaté chez quelqu’un on lui attribue tous les autres traits qui lui sont rattaché (ex : colérique, on lui attribue tous les autres traits qu’un colérique devrait avoir. Les comportements que l’ont voit confirment cette théorie. On perçoit des comportements distordus de façon à ce que cela colle avec cette théorie, on interprète différemment (« inconsciemment il pense le contraire), etc. On aurait donc des scénarios tous prêts que l’on applique aux comportements que l’on voit, mais si les comportements ne correspondent pas du tout entre eux l’individu se met à raisonner.
Jusqu'à maintenant on s’est intéressé au comment des raisonnements. Maintenant pourquoi ? But des attributions : elles répondent à des motivations . Désirabilité sociale (quand on explique ses comportements, on veut avoir une bonne image (auto attribution)). . Protection de l’image de soi (si le comportement que l’on a est mauvais alors on l’explique par la nécessité de devoir se rendre maître de son environnement (auto attribution)). . Lorsqu’on croit trouver les causes on a l’impression de mieux comprendre le monde, agir efficacement, dominer son environnement. . Pittman (1980) a fait remarquer que l’on s’intéressera d’autant plus au comportement d’une personne qu’elle est importante pour nous et dont on ne peut pas contrôler le comportement.
Ex : personne humaine = prototype des origines. On croit avoir trouvé la cause ultime quand on trouve le responsable et donc contrôler le phénomène (criminel > en prison > baisse du crime). Ex : le responsable peut aussi être pseudo humain. Par exemple un paysan dont la récolte à été détruite par un ouragan va penser trouver la cause au nom de dieu et va donc pouvoir agir en conséquence (sacrifice, etc.) Si l’année suivante il se reproduit la même chose on pourrait en venir à penser que dieu est une invention mais 1) on se met à dos l’église 2) on a plus d’explication au fait. On agit alors différemment (2 sacrifices par ex.). L’année suivante l’ouragan ne revient pas : le responsable est trouvé.
Elargissement aux attributions sociales Notion de bouc émissaire : les difficultés du moment vont être attribuées à un groupe identifiable (sorcières, juifs, …) pour trouver la cause des malheurs.
Auto attribution de la culpabilité chez les parents d’enfants handicapés ou chez les grands malades. La culpabilité serait rassurante dans le fait qu’elle donne la sensation de maîtriser l’environnement suite aux raisonnement suivant : « je suis coupable de ce que j’ai fait, je n’aurais pas du le faire mais je vais pouvoir me rattraper et remonter la pente ».
Weiss (1975) indique qu’après un divorce les deux ex-conjoints élaboraient un scénario qui expliquerait une succession d’événements assez confus. Il faut savoir que le divorce est perçu comme un échec (perte de maîtrise du domaine affectif), ces reconstructions permettent de reprendre confiance en soi, de se rassurer. On met en valeur les traits négatifs de l’autre pour se justifier de son divorce (cf. Ross). On sous estime l’influence de la situation globale (on pense qu’il faut par exemple se contenter d’éviter les colériques pour avoir un bonne relation à l’avenir – on a attribué le divorce au traits de caractères du conjoint).
De l’attribution causale aux représentations sociales Les recherches américaines que l’on a étudiées sont centrées sur les processus cognitifs mis en œuvre pour attribuer une cause. Mais elles sont trop limitées cependant : en effet il faudrait cependant élargir aux phénomènes sociaux, avoir un point de vue psychosocial en déplaçant les questions sur ces points : . La nature des perceptions . Les raisonnements d’attribution (différents culturellement) . Raisonnement collectif (une attribution est un phénomène de groupe)
Groupe de référence / Groupe d’appartenance
Hyman (1942) : il introduit la notion de GA et de GR GA : groupe auquel on appartient, on peut en avoir plusieurs. GR : groupe auquel on se compare, auquel on voudrait appartenir.
Il faut prendre le mot groupe au sens large. Groupe : catégorie sociale, idéo politico religieuse, une personne peut en être objet d’indentification, ou même entité (réalité abstraite) (= stéréotype). Ex : un adolescent se comporte comme un policier américain mais n’en connaît rien réellement. Il se conforme aux stéréotypes.
Les GA et les GR peuvent ou non se recouvrir. Ex : Maurice est goal dans une équipe de foot de quartier (GA). Il en est très fier et veut devenir capitaine de cette équipe. Son GR est aussi son GA car il va chercher ses idéaux dans son équipe et rêve de promotion de son équipe. Ex : Jacky est capitaine dans la même équipe que Maurice (GA). Il en est peu fier et rêve plutôt de finir en D1. Il imite aussi les comportement du capitaine de ladite équipe de D1. Son GR est l’équipe de D1 alors que son GA est l’équipe de banlieue. Il recherche ses idéaux dans son GR.
Un GR peut aussi être répulsif : on veut se différencier de ce GR. Ex : pour un ado révolté la famille devient un GR négatif.
Un GR permet par comparaison de juger sa situation. Merton et Kitt (1950) ont réinterprété avec cette notion de GR les données des soldats recueillies lors de la SWW. Les soldats étaient dans la même situation mais les expériences ont montré que la satisfaction qu’ils éprouvaient était fonction du GR. Ex : près de la moitié des soldats mariés pensaient être victime d’une injustice contre 10% des célibataires. Les soldats mariés avaient pour GR les soldats mariés qui étaient en permission. Ex : les soldats noirs du sud des EU étaient plus satisfaits de leur sort que ceux du nord. Ils comparaient leur vie à l’armée à celle qu’ils avaient avant. Les familles restées au pays étaient leur GR. Ceux du sud étant plus frappés par le racisme que ceux du nord alors on comprend qu’il trouvent la situation plus enviable en Allemagne. Ex : les soldats qui n’avaient pas de promotion étaient plus mécontents dans les unités où ces dernières étaient fréquentes. Le GR était les soldats promus pour ce type d’unité et pour les unités ayant peu de promotion le GR était les soldats non promus. Le cas le plus fréquent est pris comme GR. Idem pour les concours : si l’épreuve était difficile on tolère plus son échec.
Merton utilise donc la notion de frustration relative car la frustration est fonction du groupe de référence retenu.
Le GR propose des normes. Newcomb (30’s – EU) travaillait dans le collège universitaire de Bennington, université réservée aux filles de milieux aisés et donc pour la plupart élevée dans des familles conservatrices. Les professeurs quand à eux avaient des idées progressistes et libérales. On observe une désorientation des nouvelles arrivées pour qui les professeurs deviennent GR. Newcomb a par questionnaire évalué le comportement de celles-ci au cours de leurs années d’études. Il a observé que _certaines filles abandonnaient totalement leur idéologie familiale (les plus actives, prestigieuses, efficaces) _et d’autres conservaient leur idéologie (et deviennent marginalisées) L’intégration dans la vie du collège impliquait de prendre le prof comme GR. Newcomb suivra ces filles pendant 25 ans.
Par la suite il fit une étude longitudinale : il a suivit 150 de ces femmes pendant 25 ans. La plupart ont suivi les idées libérales du collège, ont épousé des libéraux, et ont une bonne activité sociale. La vie étudiante à été gratifiante et par la suite elles ont cherché des GA libéraux (qui pouvaient confirmer leurs idées).
Autre ex : Une expérience à été faite à l’armée avec deux unités A et B. Le groupe A était composé uniquement par des nouvelles recrues. Le groupe B quand à lui était composé de vétérans et de nouvelles recrues. Un questionnaire a ensuite circulé dans lequel les membres de l’unité devaient répondre si ils étaient ou non prêts à partir combattre. Il s’avère que dans le groupe A 45% des recrues étaient prêtes et dans le groupe B 28% et 15% pour les vétérans. Pourquoi cet écart ? les nouvelles recrues du groupe A prennent comme GR les autres nouvelles recrues de leur unités. Les nouvelles recrues du B quand à elles prennent comme GR les vétérans, ce qui explique pourquoi leur avis se rapproche de celui des aînés.
Le GR, moteur de la mobilité sociale
Mobilité sociale : consiste pour un individu à changer de milieu social. Elle peut être ascendante (ouvrier devient médecin) ou descendante (médecin devient ouvrier).
On peut choisir un GR auquel on veut adhérer (je suis X et je veut devenir Y, où X et Y sont des classes/groupes sociales (sociaux)). Le GR est le groupe Y. L’individu cherche à se comporter comme une personne qui fait réellement partie du groupe Y. Adopter les règles d’un groupe est une préparation à la mobilité sociale.
Acculturation anticipée : fait d’intégrer les valeurs d’un autre groupe.
Qu’il existe une liaison entre projet de mobilité sociale et le choix du GR a été mis en évidence par P. Bernoux en 1985. Son expérience concerne les ouvriers tunisiens de France. Il les a distingué en 3 groupes : . Un 1er groupe qui se juge de passage en France. Pour eux le GR sont les ouvriers français qui leur ressemblent le plus (ouvriers agricoles des villages alentours et qui pour loisir jardinaient _ pour eux le travail industriel n’est pas intéressant et leur philosophie est de ne pas avoir d’histoire) . Un 2ème groupe qui voulait rester en France et avoir une promotion. Pour eux le GR sont les ouvriers français intéressés par leur travail mais qui avaient toutefois une attitude critique envers l’entreprise et son organisation (syndicalistes) _ ils pratiquaient le freinage (à l’époque le salaire était donné au rendement : les ouvriers suivent une norme informelle dans le but de sauvegarder les moins actifs. . Un 3ème groupe dont l’avis a évolué avec le temps. Ils se sont détournés qu GR 1 pour le GR 2. Ce changement se faisait lorsqu’ils devaient passer un examen pour avoir une promotion.
Cependant la mobilité sociale peut présenter des risques : un individu qui veut se retrouver dans son GR renie son GA. Si il échoue dans sa tentative alors il est rejeté par ces 2 groupes. Par exemple dans l’armée les soldats qui voulaient monter de grade (devenir sous officier par exemple) suivaient les comportement des sous officiers (par exemple) mais en contrepartie ils étaient rejetés par le groupe de soldats qui leur appartenait ;
Le risque est de se marginaliser, l’image de soi se déprécie : le risque est le même aujourd’hui avec les diplômes. Celui qui réussi un diplôme de médecin (doctorat recherche) mais qui ne trouve pas de travail dans la branche qu’il voulait ira dans le privé mais sera sous évalué dans ses capacités réelles. (ex : en 1999 il n’y avait que 30 emplois de maître de conférence dans la section biologie pour 900 demandeurs).
La prégnance du GR par rapport au GR concret Le GRC se rapproche du GA : il est composé de personnes avec qui ont est en contact, il s’impose aussi plus que les GR abstraits. Les normes du groupe abstrait sont médiatisée par le GRC. Le GRC modifie aussi les normes du GRA.
En 1968 Kaplan fait une recherche de psychologie électorale pour Elmira County (conté en Amérique). Il a remarqué que les idées des amis (GRC) renforce ou contrecarre l’influence du religieux ou du politique (GRA).
% de votes républicains selon le GRA
On constate que les protestants votent le plus républicains mais aussi l’influence du groupe des amis sur les décisions politiques.
LES RUMEURS
Etude de cas : la rumeur d’Orléans (1968) [Morin, E. La rumeur d’Orléans, 1969]
La rumeur concerne des boutiques de prêt-à-porter des boutiques à déporter. Scénario : une jeune fille de 18 ans est attirée par une minijupe dans la vitrine d’une boutique de prêt-à-porter. Elle entre donc, prend la minijupe et se dirige vers la cabine d’essayage. Au moment où elle rentre dans cette cabine une trappe s’ouvre sous ses pieds et elle tombe dans une cave où un étranger l’endort, la maquille et lui taille la touffe en cœur. Puis lorsqu’il a fini il commence à acheminer la marchandise dans les souterrains à destination d’un sous marin qui emmènera la fille dans le pays de l’étranger pour être vendue dans un harem. Ce trafic va être découvert par un couple.
Cette rumeur de traite des blanches est née fin années 50 et va surtout se développer dans les milieux féminins juvéniles d’Orléans (lycées, etc.). Fait déclencheur : le magazine Noir et Blanc a publié un article : les pièges des trafiquants. Le 10 mai en centre ville une nouvelle boutique ouvre un rayon nommé « aux oubliettes ». 6 magasins vont être concernés (dont 5 seront tenus par des Juifs – mais l’antisémitisme n’est pas la cause de cette rumeur). La rumeur est passée de bouche à oreille et l’information passe toujours par des sources sûres (policier, …) : on a affaire au mécanisme de FOAF (friend of a friend) : la source n’est pas une personne de 1er niveau (interlocuteur direct) mais de 2ème niveau (c’est l’ami de X qui m’a dit …) Le fait que la source soit vue comme « sûre » favorise la crédibilité de la rumeur.
La rumeur d’Orléans (69)
Des enseignants et surtout enseignantes ont mis en garde des lycéens sur ce faits. Cette rumeur n’a pas continué à se développer dans les milieux masculins. Les hommes pensaient qu’il y avait sans doute un fait réel à la base mais qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter plus que ça.
31 mai : paroxysme de la rumeur, pendant un jour de marché il y a eu un regroupement de femmes devant les magasins concernés, qui devait aussi faire face à une clientèle de moins en moins nombreuse depuis quelque temps. Il y a un problème d’incohérence dans l’esprits des gens : pourquoi les commerçants ne sont pas arrêté ? il recourent pour résoudre ce problème à la thèse du complot (un pouvoir obscur règne sur la ville et à acheté les autorités).
La contre attaque : début Juin la presse régionale puis nationale s’empare de l’affaire. Le battage médiatique va favoriser la diffusion de la rumeur à d’autres villes malheureusement. Diverses associations posent des plaintes contre X. Face à cette levée de bouclier la rumeur régresse pourtant : les gens n’osent plus en parler. Mais certains pensent qu’il y a quelque chose de pas propre là-dessous. Par exemple on affirme quelque chose pour rabaisser la contre attaque (« c’est un coup de pub », etc.). Fin Juin les commerçants retrouvent leur clientèle. Une telle rumeur doit rester discrète, et non pas gonfler comme celle d’Orléans sinon on assiste à des réactions violentes.
Pourquoi cette rumeur ? Dans les années 60 on assiste à l’émancipation de la jeunesse féminine. Le projet professionnel prévaut au projet de fonder une famille. On voit arriver la libéralisation sexuelle (67 : loi sur la contraception). La jeune fille de cette époque quitte son milieu familial pour une vie excitante mais dangereuse. Cette libéralisation est donc aussi anxiogène qu’attirante. Les filles vivent une contradiction entre normes parentales et normes montantes. La rumeur est là pour souligner les risques de la vie moderne. C’est une rumeur d’avertissement. C’est ce qui explique que cette rumeur a particulièrement du succès chez les mères. Elles s’en servent comme d’une arme car les jeunes échappent à leur autorité et elles désirent les reprendre en main. Le mythe anxiogène porté par la rumeur devient un discours moralisant.
Pourquoi les magasins de vêtements ? Ces boutiques relèvent de l’émancipation. En 65 naît la minijupe – objet de séduction qui est la 1ère étape vers une vie de débauche.
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