Perception , Représentation , Cognition Suggérer par mail
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I.    Intro

1.1    Présentation, organisation et objectifs du cours

Cognition : tout ce qui permet à un individu d’acquérir, de stocker et d’utiliser des connaissances. En psychologie cognitive on s’interesse à l’individu « normal », d’où son interet pour la vie de tous les jours (gestion d’informations, etc.)
La différence entre un behavioriste et un cognitiviste tient dans le but de l’étude du comportement : le behavioriste étudie le comportement pour le comportement, le cognitiviste le comportement pour accéder aux représentations mentales.

1.2    L’approche de la psychologie cognitive

Les objets d’étude de la psychologie cognitive sont abstraits : l’opération qui remonte de la réponse à la représentation est donc d’une grande dimension hypothétique et très critiquée par les behavioristes.

II.    Le système de traitement de l’information humain

2.1    Les techniques d’études

La méthode la plus utilisée est la chronométrie mentale qui consiste à mesurer la durée des activités mentales. Crée par Donders, l’indice comportemental utilisé est le temps de réaction.
La deuxième méthode est l’analyse des réponses qui peut servir à remonter à la source d’un processus. Les reponses retenues peuvent être vraies ou fausses (erreur normale, pathologique ou « intrusions » (création d’un mot qui n’est pas là à la base)).
La troisième méthode en plein essort est la simulation informatique. Elle reproduit de manière artificielle le comportement théorique d’un organisme et est comparée par la suite au comportement d’un vrai sujet (première simulation : General Problem Solver, 60’s). On simule par exemple l’apprentissage.

2.2    L’architecture cognitive

Conception qui remonte à 1949 avec la théorie mathématique de la communication. En psychologie cognitive on fait l’hypothèse que le système cognitif est une architecture et qu’il est possible de décrire ses différents composant et leurs relations/interactions. La cognition est donc non homogène et donc décomposable. Différents modèles se sont succédés.

Théorie mathématique de la communication, Shannon & Weaver (1949)




Les problèmes des chercheurs sur cette question sont : comment quantifier l’info ? qu’est ce que l’information ? comment optimiser le transfert d’information ?
On quantifie par le bit d’information. L’unité de base est 1-0 (Presence-Absence). L’information est tout ce qui réduit l’incertitude de moitié et correspond à un bit d’information. 1 octet = 8 bits. Lorsque l’on envoie un message, le signal reçu est bruité et déformé. Pour réduire le bruit, il faut augmenter la redondance du signal (ex : la redondance « monter en haut » ne sert à rien lorsque le message est passé parfaitement, par contre si le message est fortement bruité elle ne sera pas inutile).
On a intitulé cette maniè-re de représenter la « boxologie » - Ce schéma a plus une valeur historique car il est dépassé depuis au 50 ans (absence de feedback).

    L’être humain comme unité de communication, Osgood & Seabeock (1951-53)



    L’organisme comme canal unique de communication, Miller (1956)




Miller a remarqué que tout ce qui rentre dans le canal ne sort pas : ce canal est donc unique et a capacité limitée. Si cette capacité est dépassée il y a perte d’info. Aujourd’hui on cherche à compacter l’information afin de pouvoir transférer plus et n’avoir plus de problème de problème de perte (ex : décalage son/parole sur satellite).


Miller (56) Le chiffre 7±2  





    La capacité du canal a transmettre l’information entre l’entrée et la sortie est déterminée par la corrélation Stimulus – réponse.

Situation à capacité illimitée                Vraie situation – Capacité limitée



« Pour déterminer la capacité de traitement de l’information humaine cad pour évaluer la quantité d’informations transmise entre ENTREE et SORTIE, il suffit de faire varier la quantité d’information qui entre dans le système, de mesurer celle qui en sort et de déterminer le degré de corrélation entre ENTREE et SORTIE ».
Le but à Miller était de déterminer où se situe cette limitation. Il a quantifié pour cela l’information en bits pour déterminer cette limite. Il a pour cela étudié un certain nombre d’expérience sur la perception absolue, la perception numérique immédiate (subitizing), la mémoire immédiate.

SUBITIZING : Au-delà d’un certain nombre de points, il faut compter – Avant cette limite on peut évaluer directement le nombre de ponts. Ex :
- - - -
- - - - - - - - - - - - - - - - - -

MEMOIRE IMMEDIATE : Présentation d’items à restituer à court terme.

Miller de ses expériences tire 4 conclusions (à noter que la dernière était inattendue de sa part) :
-    La mémoire immédiate et le subitizing sont des tâches réussies jusqu'à un certain niveau. Par conséquent on peut dire que la capacité de traitement de l’être humain est limitée.
-    Cette limite est relativement constante pour chaque tâche que l’on traite.
-    La limite semble se situer autour du chiffre 7.
-    Le bit n’est pas adapté pour le psychisme de l’être humain : l’unité de mesure sera donc le chunk (groupement – paquet d’informations organisées.

L’être humain stocke donc des chunks. Miller est celui qui a formalisé pour la première fois la notion de capacité limitée du traitement de l’information.

Broadbent (1958) La première modélisation de l’architecture cognitive de l’être humain

    Broadbent défend l’idée que des phénomènes aussi différents que la perception, l’attention et la mémoire peuvent être intégrées dans une théorie unique reposant sur le postulat selon lequel le système cognitif est un système dans lequel circule l’information.
    Il est surtout le premier psychologue à avoir proposé une explication systématique et détaillée du système cognitif comme ensemble d’éléments séparés mais interagissant ensemble. Il a étudié l’inobservable a partir de faits observables.

Explication succincte du modèle de Broadbent :
-    Entrée : sens ; Sortie : effecteurs
-    Les informations que donnent les sens arrivent en parallèle et sont triées par un filtre sélectif (sorte de « goulot d’étranglement) qui ne va laisser passer qu’une minorité d’informations vers le canal.
-    Le système nerveux peut être considéré comme un canal de communication unique et à capacité limitée.
-    L’organisme semble opérer une sélection de l’information qui entre dans le système.
-    Le schéma mis en ouvre distingue 2 types de systèmes de stockage (long/court terme) ce qui préfigure la mémoire à long terme et la mémoire à court terme).
-    L’information peut être maintenue temporairement dans un système de stockage avant de passer dans le canal (mémoire sensorielle)


Modèle de Shiffrin & Atkinson (68-69)

Ce modèle a été très critiqué, et ce pour plusieurs raisons que nous allons énumérer ici.

-    Si la mémoire à court terme dysfonctionne, comme elle est le passage obligé vers la mémoire à long terme alors on devrait avoir un dysfonctionnement du stockage à long terme.
o    Cette affirmation est fausse : les neuroscientifiques ont montré que de patients ayant des dysfonctionnements de la mémoire à court terme n’ont pas forcément une incapacité au niveau de la mémoire à long terme et vice versa.

-    La mémoire à court terme est assez monolithique dans ce système. On devrait dès lors éprouver les pires difficultés lors de l’exécution de 2 tâches en simultané.
o    Baddeley fait remarquer que lorsque l’on demande à quelqu’un de faire 2 tâches impliquant 2 modalités sensorielles différentes en même temps les sujets éprouvent peu de difficulté à les résoudre, et ce à condition de ne pas dépasser un certain niveau de difficulté. En revanche lorsque les 2 tâches mobilisent la même modalité les sujets éprouvent plus de difficulté.

Baddeley (74) L’organisme comme système a doté d’une mémoire de travail

Suite à ses découvertes, Baddeley à proposé un modèle alternatif à la mémoire à court terme : la mémoire de travail.


La mémoire à court terme doit être pour Baddeley envisagée comme un système composite. Dans son article de 74 et son ouvrage de 86, il identifie 3 instances :
-    Administrateur central : assisté par 2 systèmes esclaves, il a pour fonction le stockage temporaire de l’information, l’allocation des ressources attentionnelles et cognitives, et le traitement de l’information (calcul mental, etc.)
-    Boucle phonologique : responsable du stockage temporaire de l’information verbale. Comporte un système de récapitulation articulatoire qui permet d’auto répéter une information verbale indéfiniment. Ce système peut être bloqué par une tâche inférente.
-    Registre visuo spatial : responsable du traitement spatial de l’information, intervient dans la formation des images mentales et visuelles.

Les critiques faites sur le modèle de S&A disparaissent ici :
-    la mémoire à court terme n’est plus monolithique : une atteinte à une modalité du système ne met pas le système tout entier en péril.
-    2 tâches qui impliquent des modalités différentes n’interférent pas.

Le modèle de Baddeley décrit la mémoire de travail comme un système. Il existe une autre conception de la chose : la mémoire de travail est vue comme un état particulier de la mémoire à long terme (Anderson & Cowan, 83). Cela serait la partie active de la mémoire à long terme.
Dans un article de 94 Baddeley a reconnu que ce qu’il nomme l’administrateur central permet de nommer le problème mais pas de l’expliquer.

Fodor (1983) L’organisme comme système modulaire : la modularité de l’esprit

Le système cognitif peut être décomposé en modules. Fodor considère qu’il y a 3 systèmes qui interviennent dans la vie d’un être humain.
-    Les transducteurs : système capable de convertir de l’énergie d’un certain type en une énergie d’un autre type.
-    Les facultés horizontales : facultés qui ne sont spécifique d’aucun domaine (ex= raisonnement qui est amodal)
-    Les facultés verticales : facultés spécifiques au traitement d’un type d’information, composées de modules
o    Module : sous système spécialisé dans le traitement d’un certain type d’information. Transforme l’information d’entrée en info de sortie.

 
Pour Fodor, un module est un système computationnel spécialisé dans le traitement d’un certain type d’information.
-    L’action du module est obligatoire et irrépressible
-    Il y a un accès qui est limité aux représentations finales (les représentations intermédiaires sont inaccessibles)
-    Son action est rapide et automatique
-    Le traitement de l’information par le module est encapsulé, cloisonné, non pénétrable par les effets centraux (ex : le raisonnement ne peut rien contre un effet d’optique)  

Shiffrin & Atkinson (68-69) L’organisme comme système à trois mémoires

    Version complexifiée du modèle de Broadbent, cette conception fut critiquée car l’information doit passer
obligatoirement par la mémoire sensorielle. De plus, le système de mémoire à court terme et de mémoire à long terme est monolithique (dans cette conception les deux mémoires sont très liées si bien que si l’une est atteinte l’autre aussi. Or on sait que ce n’est pas forcément vrai : on a vu des cas de personne ayant perdu la mémoire immédiate bien qu’ils ait une excellente mémoire à long terme.

Anderson (83) L’architecture de la cognition : le modèle ACT (Adaptive Character of Thought)


VOCABULAIRE
Mémoire déclarative : partie de la mémoire à long terme dans laquelle sont stockées les informations facilement verbalisables (know that knowledge)
Mémoire des productions : partie de la mémoire à long terme dans laquelle sont stockées les savoirs faire de l’individu.
Mémoire de travail : partie active de la mémoire à long terme
Encodage : prise d’information sur le monde extérieur
Performance : réponse du sujet sur le monde
Stockage : la mémoire de travail stocke l’information encodée
Récupération : la mémoire déclarative rend disponible une information stockée à la mémoire de travail
Matching (mise en correspondance) : la mémoire de travail met des indices en corrélation pour la mémoire des productions
Execution : reconnaissance de ce qu’il faut faire dans telle situation

Le système cognitif est composé de 2 mémoires :
-    Mémoire déclarative (connaissances sémantiques)
-    Mémoire des productions

Le mot production désigne des systèmes informatiques (suite d’instructions élémentaires) conçus pour effectuer un certain nombre de tâche.
Programme : suite d’instructions élémentaires qui fonctionnent sur le mode IF (condition remplie) THEN (exécution de telle ou telle action)
La mémoire procédurale est une mémoire comportant une multitude de règles de production qui exécutent automatiquement une action lorsque 1 ou plusieurs conditions sont remplies.
Règle de production : microréflexe élémentaire qui se déclenche automatiquement

Pour A avoir un grand nombre de ces micro réflexes dans un domaine donné c’est être spécialisé dans ce domaine donné. La mémoire de travail n’est pas un système mais constitue un état particulier de la mémoire à long terme à un moment donné.
La vie mentale de l’individu est largement déterminée par  le monde/l’environnement. Ce modèle évolue encore aujourd’hui et cherche à déterminer comment les informations sont stockées en mémoire procédurale.
L’objectif d’Anderson est de rendre compte de la manière dont un être humain acquiert des savoirs faire (« Rules of the mind », 93).

III.    La perception visuelle

3.1 Eléments de physiologie visuelle

La lumière se réfracte et donne toute une palette de couleur que nous ne voyons pas dans son intégralité.
Infrarouge >> Spectre visible >> Ultraviolet




Exp : voir le point aveugle
-    dessiner un cercle de 5 mm de diamètre
-    dessiner une croix à 5 cm à droite de ce cercle
-    Fermer l’œil droit et fixer la croix avec l’œil gauche
-    Rapprocher la feuille lentement jusqu'à ne plus voir le cercle

Les cônes servent à la vision diurne
Les bâtonnets à la nocturne
L’image est perçue inversée au fond de l’œil

3.2    La mémoire sensorielle visuelle

Les différents noms de cette mémoire : M. iconique / M. visuelle à très court terme / Registre de l’info sensorielle visuelle / Mémoire sensori visuelle

Sperling, 59
La mémoire sensorielle visuelle permet de voir le monde en continu. Sperling s’est posé la question de savoir quelle est la quantité d’information qu’il est possible d’appréhender en un seul coup d’œil, et combien de temps cette information est elle disponible ensuite.

TECHNIQUE DU RAPPORT COMPLET
-    On présente sur un tachistoscope un stimulus complexe (matrice de lettre par ex.) pendant quelques dizaines de millisecondes.
-    On demande au sujet de rappeler le maximum d’informations dont il pouvait se souvenir.

La technique du rapport complet (le sujet doit tout rappeler) met en évidence deux résultats :
-    Les sujets étaient capables de rappeler 4 voire 5 lettres aux maximum sur 12.
-    Les sujets disaient voir plus de chose qu’ils ne pouvaient en rappeler.

Ce dernier résultat a conduit Sperling à se demander si la méthode utilisée comportait des biais. Il a donc crée une autre technique.

TECHNIQUE DU RAPPORT PARTIEL
-    Ce que l’on présente au sujet ne doit pas excéder la capacité de sa mémoire à court terme (7+- 2)
-    Il ne faut pas que l’on demande au sujet de restituer plus de 4 lettre car sinon on dépasserait cette capacité.
-    On présente par contre également un stimulus complexe du style matrice de lettre mais on demande au sujet de ne restituer qu’une seule ligne.
-    Le sujet ne sait pas à priori quelle ligne rappeler. Cette ligne lui est indiquée après la disparition du stimulus par un signal sonore (aigu : ligne du haut / moyen : ligne du milieu / grave : ligne inférieure)
-    Si le sujet rappelle 3 lettres sur 4 par exemple on estime qu’il a 75% de réponses correctes et qu’il aurait pu fournir 9/12 lettres.

Sperling a effectué 7 expériences : 2 en rapport complet (pour contrôler les réponses), et les 5 autres en rapport partiel. Ce sont à chaque fois les 5 mêmes sujets. Pour les deux premières expériences, le score moyen est de 4,3 lettres sur 12. Avec le rapport partiel le score moyen est de 9,1 lettres sur 12, avec de légères différences interindividuelles (8/12 <> 11/12). Sperling considère que tout se passe comme si le sujet pouvait donner encore plus d’info (d’après l’allure de la courbe).
La durée entre la disparition du stimulus et le signal sonore est déterminée par Sperling : il varie de 0 à 1 sec. Le taux de rappel devient faible à partir de 500 ms et est similaire à celui obtenu en rapport complet.
En cl, la durée de stockage de la mémoire sensorielle visuelle est de 500 ms environ.


Averbach & Coriell (61)

Ont proposé une méthode pour déterminer la durée de stockage de la mémoire sensorielle visuelle :
-    Présentation de matrice de 16 lettres
-    Tâche : restituer une seule lettre
-    La lettre à restituer était signalée par un marqueur visuel et non plus sonore
-    Si le sujet est capable de la restituer c’est qu’il a encore sa mémoire visuelle (précisons que le délai entre la disparition de la matrice et l’apparition du marqueur varie)

Les sujets étaient capables de restituer la lettre dans 75% des cas, soit 12/16 lettres.
-    L’estimation est la même que Sperling
-    Il découvre cependant que la trace du stimulus visuel est disponible pendant 200ms environ, au-delà les performances chutent dramatiquement
-    Sans le vouloir, grâce à cette technique, il a mis en évidence le phénomène de masquage

Le phénomène de masquage

Dans un nombre de cas assez fréquent le marqueur visuel rend impossible la récupération de la lettre correspondante. Tout se passe comme si le marqueur détruisait la trace correspondante.
Depuis, on utilise cette technique pour detruire la trace d’un stimulus en mémoire sensorielle visuelle. Cependant ce phénomène a biaisé les résultats de Averbach & Coriell (le stimulus pourrait rester plus longtemps mais est détruit).

Haber & Standing (69) Méthode de synchronie

-    On présente successivement 2 cercles au sujet, chacun étant présenté pendant 10ms, au même endroit, de la même couleur, … seul le délai entre la présentation du 1er et du 2ème varie.
-    La tâche du sujet consiste simplement à dire s’il a vu un cercle ou deux cercles
-    S’il a vu deux cercles cela veut dire que le stimulus 1er a été effacé de la mémoire sensorielle visuelle.
-    Les sujets disent ne voir qu’un seul cercle lorsque l’intervalle de temps est inférieur à 250/300 ms. Cela voudrait dire que la durée de stockage de la mémoire sensorielle visuelle est d’environ 250ms




Conclusion : la mémoire sensorielle visuelle est capable de stocker un nombre très important d’informations pendant cette durée de 250ms.

Si un stimulus dure 10ms la mémoire sensorielle visuelle le rend disponible 30 fois plus longtemps que la réalité afin que le système cognitif puisse le traiter.

3.3 La reconnaissance des mots écrits

La reconnaissance se fait en contexte.

La technique d’enregistrement des mouvements oculaires consiste en l’envoi d’un rayon infrarouge par un système, qui rebondit sur la cornée. Par un calcul d’angle on peut deviner à quel endroit se pose l’œil durant la lecture.
On enregistre deux types de phénomènes : la durée des fixations oculaires et les saccades oculaires (déplacement du regard).

Caractéristiques moyennes des mouvements oculaires




Deux types de saccades : de progression (de gauche à droite) et de régression (de droite à gauche)
Gaze duration : fixation totale sur un même mot (1ère + 2ème fixation)
-    Le regard se pose sur le centre gauche des mots de préférence (position optimale de fixation oculaire)
-    Tous les mots ne sont pas fixés pendant la lecture
-    L’œil ne prélève pas d’information pendant une saccade


EFFET DE FREQUENCE
    Effet mis en évidence par le paradigme suivant :
On présente des mots fréquents, des mots moins fréquents et des non mots à un sujet. La question est de déterminer si ce que le sujet voit est un mot de sa langue ou non.

En 1970 des chercheurs ont recueilli des corpus de textes de tous les jours et ont compté le nombre de fois où chaque mot intervenait afin de calculer la fréquence d’occurrence de chaque mot dans la langue.
Ils ont élaboré des tables de fréquence qui indiquent le nombre de fois où le mot apparaît par million. C’est ainsi qu’ils ont classé les mots en trois catégories : les mots fréquents, les mots moins fréquents et les mots rares.

L’effet de fréquence désigne le fait que les mots sont reconnus comme étant des mots de la langue plus rapidement s’il sont fréquents que si il sont rares. Cet effet est particulièrement robuste et on peut déterminer ainsi l’appartenance du mot à sa langue en quelques millièmes de seconde.

EFFET DE SUPERIORITE DU MOT (Reicher, 69)
    Paradigme de l’expérience :
On présente un mot, un non mot ou une lettre isolée sur un écran d’ordinateur très rapidement (de l’ordre de la ms), puis ce mot réapparaissait au même endroit mais seul restait le nombre de lettres et deux lettres, une qui appartient au stimulus, et l’autre non. Le sujet doit choisir quelle lettre appartenait au stimulus.


Condition mot
Ecran noir    > >    CROIX       >>    ****X
         50 ms         ****T

Condition non mot
Ecran noir    > >    ICROX       >>    ****X
         50 ms         ****T

Condition lettre
Ecran noir    > >         X         >>        X
         50 ms             T

Elle constata que le sujets faisaient plus d’erreurs lorsque le stimulus est un non mot mais aussi et contre toute attente lorsque le stimulus est une lettre. On reconnaît donc plus un mot qu’une lettre.

EFFET DE VOISINAGE ORTHOGRAPHIQUE (90)
Les mots de la langue sont composés de 33-36 phonèmes et de 26 lettres. Certains mots se ressemblent beaucoup (Coin, Soin, Loin, etc.) on désigne donc par voisin orthographique tout mot qui diffère par une seule lettre d’un autre mot, les autres lettres étant à la même place.
On s’est aperçu qu’un mot peu fréquent est reconnu plus rapidement s’il a beaucoup de voisin orthographique fréquent que s’il n’en a pas.

EFFET DE CECITE A LA REPETITION EN RSVP (Présentation Visuelle Sérielle Rapide), Kanwisher
On présente une série de mots à une vitesse rapide, placés au même endroit. Dans cette liste un mots est répété deux fois, mais jamais successive : les mots intercalés ont la fonction de « purger » la mémoire iconique. On demande au sujet lequel des mots est présenté deux fois.
K. s’est aperçu que plus l’intervalle de temps entre les mots était court plus les sujets avaient du mal à trouver la réponse. Tout se passe comme s’il y avait une période réfractaire psychologique.

EFFET DE CONTEXTE (AMORCAGE SEMANTIQUE), Meyer & Schawnevelt
Cf cours L1

Aujourd’hui les modèles de lecture doivent rendre compte de tous ces phénomènes.

IV.    REPRESENTATIONS MENTALES ET CONNAISSANCES

4.1 Definitions

Connaissances : informations stockées durablement en MLT susceptibles de s’activer et d’intervenir dans la création de représentations. Ces informations ont une structure stable.
Représentation : défini une structure temporaire ou plus exactement un état temporaire d’activation de connaissances stockées en MLT. Cette construction a une structure temporaire.

On a identifié plusieurs types de connaissances
-    Procédurales (savoir faire)
-    Déclaratives
-    Schémas : ensemble de connaissances ORGANISEES qui s’activent selon des situations précises et qui constituent des organisateurs d’action ou de perception de nos activités quotidiennes. Un SCRIPT est un schéma d’action stéréotypé (comment se comporter dans un restaurant par ex.). Son avantage est qu’il permet d’interpréter une situation, de développer des inférences, et de mieux gérer la vie quotidienne. Cependant il s’avère que les scripts le plus souvent ne fonctionnent plus à l’étranger (différences de comportements, de culture)
4.2 Les connaissances, les représentations et la compréhension.

LE PROCESSUS DE COMPREHENSION
    Comprendre c’est construire une représentation d’une situation, d’un texte etc. que l’on considère comme étant globale et unifiée. Cette représentation est un modèle mental ou modèle de situation dans le cadre d’une compréhension de texte.
    Modèle mental : représentation qui est créée par la personne qui comprend en activant en MLT des connaissances qui lui permettent d’effectuer des inférences cad créer des informations qui ne sont pas données par la situation.

LA CONSTRUCTION D’UN MODELE DE SITUATION, Van Djik & Kintsch (83)
    « Comprendre c’est construire plusieurs niveaux de représentation » :
-    Forme de surface (façon dont est tournée la phrase)
-    Signification littérale du texte (S V C)
-    Création du modèle de situation (d’après nos inférences)  



Introduction

But de ce TD :
-    acquérir une démarche expérimentale
-    lire, comprendre, rédiger un article
-    travailler en groupe

Méthode expérimentale – Démarche

Il faut mettre en évidence que des VI sont les causes des modifications qui sont observées sur le comportement d’un sujet – c'est-à-dire mettre en évidence des rapports de causalité entre VI et VD (VI -> VD)

Quatre étapes à suivre :
1.    Réflexion
2.    Expérimentation
3.    Interprétation
4.    Communication

Réflexion : Le chercheur observe un fait > se pose des questions. Après avoir lut tout ce qui pouvait se lire sur le sujet, il va énoncer des hypothèses et se lancer dans la mise en place de l’expérimentation.

Expérimentation : Trois sous étapes ici : Préparation de l’expérience / Passation de l’expérience / Analyse et traitement des données/résultats
    Préparation de l’expérience : Il crée tout d’abord la méthode (choix de la population – matériel – appareillage – procédure du moment où le sujet entre jusqu’au moment où il sort) puis l’hypothèse opérationnelle.
    Passation : Il trouve ensuite des sujets et leur fait passer sa méthode.
    Analyse et traitement des données/résultats : On traite mais on n’interprète pas >> on vérifie l’hypothèse de départ si elle est confirmée ou infirmée.

Interprétation : Pourquoi ces résultats ? Pourquoi oui ou non ?

Communication : Il faut communiquer aux autres chercheurs ses résultats, ses interprétations, etc. (congrès, colloques, article, etc.)

Les différents types d’articles – Structure

Articles synthèses : résumé d’un grand nombre d’expérience
Articles empiriques : résultats d’une ou plusieurs expériences réalisées par l’(es) auteur(s) de l’article
Méta analyses : article dans lequel des auteurs analysent ou ré analysent des résultats d’autres chercheurs

Il y a toujours un titre qui est très important car il conduit à la lecture de l’article ou non. Il contient au maximum 15 mots qui résument l’article.
Le résumé qui dit en quelques lignes de quoi parle l’article.
L’introduction où 1) on pose le problème 2) on fait une revue des articles les plus importants et 3) on explique l’originalité de l’étude présentée. Enfin on 4) pose Le ou les hypothèses théoriques que l’on a émis et que l’on souhaite tester.
La méthode où l’on expose 1) la population étudiée 2) le matériel utilisé 3) l’appareillage éventuel 4) la procédure et 5) le plan.
L’analyse des résultats en fonction des hypothèses donc on va trouver tableaux, graphiques, analyses statistiques.
La discussion où l’on fait une discussion générale sur plusieurs articles. La plupart du temps c’est une ouverture sur une autre expérience.
La bibliographie est indispensable : on ne met que des références citées dans le corps du texte – ne pas mettre de références non citées dans le texte.
L’annexe est par contre facultative mais peut servir à présenter le matériel utilisé durant l’expérience – quelques définitions de mots utilisés etc.

Les différents types de variables

Une variable est par définition quelque chose qui peut avoir au oins deux états possibles, sinon c’est une constante.
Ex : Variable sexe > homme/femme (2 modalités pour la variable sexe).

Variables indépendantes et dépendantes
Variable indépendante : ne dépend pas du sujet mais de l’expérimentateur – c’est ce qu’il fait varier
Variable dépendante : dépend du sujet, c’est la partie du comportement du sujet qui est mesuré par l’expérimentateur – qui est en rapport avec le phénomène étudié.


Les différents types de variables

Une variable est par définition quelque chose qui peut avoir au oins deux états possibles, sinon c’est une constante.
Ex : Variable sexe > homme/femme (2 modalités pour la variable sexe). Une variable peut être de différents types en même temps.

-    indépendante et dépendante

Variable indépendante : ne dépend pas du sujet mais de l’expérimentateur – c’est ce qu’il fait varier
Variable dépendante : dépend du sujet, c’est la partie du comportement du sujet qui est mesuré par l’expérimentateur – qui est en rapport avec le phénomène étudié.

-    d’intérêt et secondaire

Variable d’intérêt : cette variable est incluse dans l’hypothèse du chercheur
Variable secondaire : variable qui n’intéresse pas le chercheur à proprement parler mais qu’il doit contrôler ou neutraliser afin d’éviter qu’elle ne se transforme en variable parasite.

-    parasite et confondue

Variable parasite : interfère avec les résultats de l’expérience et rend ininterprétable ses résultats
Variable confondue : chacune de ses modalités est associée de manière systématique à une modalité de la variable d’intérêt

-    provoquée et invoquée

Variable provoquée : il est possible d’affecter complètement au hasard un sujet à chacune de ses modalités
Variable invoquée : il n’est pas possible de le faire (ex : il n’est pas possible d’affecter au hasard la variable sexe à un sujet)

-    fixe et aléatoire

Variable fixe : ses modalités sont fixées elles même par le chercheur
Variable aléatoire : ses modalités ont été tirées au sort parmi l’ensemble de toutes ses modalités possible.   

Procédures de neutralisation de variables

Quatre façons de neutraliser une variable
-    la maintenir constante (dans ce cas V est différente de VI)
-    l’inclure dans le plan (dans ce cas V devient une VI)
-    contre-balancement (pour ne pas confondre 2 variables entre elles)
Ex de contre balancement : un sujet doit lire deux textes A et B. A est un texte facile, B un texte difficile. Pour éviter un effet de A sur B ou de B sur A, on contrebalance les ordres, c'est-à-dire que l’on fait passer le sujet dans tous les ordres possibles. Pour calculer le nombre d’ordre possible : n ! (si 10 textes par exemple, n != 10 x 9 x 8 x 7 x 6 x 5 x 4 x 3 x 2 x 1 = nombre d’ordre possible)
-    randomisation (tirage au sort d’un certain nombre d’ordre possible lorsque celui-ci est trop grand)

Les différents types d’hypothèses

L’hypothèse conceptuelle est une hypothèse abstraite et constitue le point de départ de l’expérience. Elle ne spécifie ni la VI ni la VD. Elle fait des prédictions (orientées (<>) ou non (effet)). Il faut par la suite opérationnaliser cette hypothèse.
L’hypothèse opérationnelle est concrète. Elle spécifie les VI et les VD et fait des prédictions orientées.

Hypothèse conceptuelle    Opérationnalisation    Hypothèse opérationnelle
Ø VI    >>CHOIX>>>    VI
Ø VD        VD
Prédiction orientée ou non        Prédiction orientée

Pas de if then en cognition



Plans d’expérience et plan d’analyse

Formule qui décrit de manière abrégée la manière dont une expérience est organisée (plan d’expérience) ou la manière dont les résultats sont analysés (plan d’analyse).
Un plan d’expérience est en général plus complet. On y trouve le nom des VI et les relations inter VI

Notation française    Notation APA (américaine)
SxA (croisé)    A facteur intra sujet
S<A> (emboîté)    A facteur inter sujet
SxA2xB3    PE 2x3 où A et B sont deux facteurs intra sujet
S<A2 xB3>    PE 2x3 où A et B sont deux facteurs inter sujet
S<A2>xB3    PE 2x3 où A est facteur inter sujet et B intra sujet
SxA<B>    PE 2x3 où A et B sont deux facteurs intra sujet


Règles d’écriture des plans

-    Lettres majuscules
-    Une VI est représentée par une lettre
-    La lettre S représente toujours le facteur « sujet »
-    VI = facteur
-    S = toujours la première lettre du plan
-    Les chiffres en indice représentent le nombre de modalités de la VI
-    Les lettres en minuscules représente une modalité (ex : a1 est la première modalité de A2)

Relation de croisement/d’emboîtement

S<A> = emboîtement
SxA = croisement

2 types de relations entre variables : croisement et emboîtement
- Deux variables sont croisées lorsque chaque modalité de la première est combinée avec chaque modalité de la seconde
AxB = BxA
- Deux variables sont emboîtées lorsque chaque modalité de l’une n’est combinée que avec une et une seule modalité de l’autre
A<B> (A est emboîtée dans B) ≠ B<A>
Dans le cas A<B> B est appelée variable emboîtante ; A variable emboîtée   

S<A> : plan de base dans la plupart des sciences – on parle de plan à mesure indépendante ou plan à groupe indépendant. Chaque sujet ne voit qu’une condition expérimentale.
S5<A2> : chaque sujet ne voit qu’une modalité de A >> il y a deux groupes de sujets indépendants. Souligné car aléatoire.
SxA : chaque sujet voit toutes les conditions expérimentales – on parle de plan à mesure répétées/à groupe apparié

Résultats d’expériences à plan simple représentés comme tels :

CAS DE PLAN SIMPLE S4<A2>        CAS DE PLAN SIMPLE S4xA2
SJT    a1    a2        SJT    a1    a2
1    X            1    X    X
2    X            2    X    X
3        X        3    X    X
4        X        4    X    X

Plans complexes
a1    a2    a3    S
b1    b2    b1    b2    b1    b2    
x
x
x
x
x                        1
à
5
    x
x
x
x
x                    6
à
10

        x
                etc.

S<AxB> Plan à mesure complètement indépendante (groupe de sujets)
Ex : S5<A3xB2>
6 conditions expérimentales que le sujet ne va voir qu’une fois
6 groupes donc 30 sujets
Approche transversale
Deux façons de présenter les résultats

A    
a1    a2    a3    
s1 à s5    s6 à s10    s11 à s15    b1    B
s16 à s20    s21 à s25    s25 à S30    b2    







SxAxB Plan à mesure complètement répétée
Approche longitudinale (vie de l’individu) [problème : mortalité expérimentale]
Ex : S5xA3xB2
a1    a2    a3    S
b1    b2    b1    b2    b1    b2    
x
x
x
x
x    x
x
x
x
x    x
x
x
x
x    x
x
x
x
x    x
x
x
x
x    x
x
x
x
x    1
2
3
4
5
5 sujets – 2 façons de représenter :

    A
    a1    a2    a3
B    b1    s1à5    s1à5    s1à5
    b2    s1à5    s1à5    s1à5






S<A>xB Plan mixte split splot
Ex : S5<A3>xB2
15 sujets – approche transversale – le nombre de sujet est divisé en 3 groupes qui voient les 2 conditions expérimentales

    A
    a1    a2    a3
B    b1    s1à5    s6à10    s11à15
    b2    s1à5    s6à10    s11à15






SxA<B>

Plan utilisé en psychologie linguistique –
Ex : S5 x A20<B2>
B : liste (2 modalités : b1 1 syllabe b2 2 syllabes)
A : mots tirés au sort de x syllabes qui vont constituer telle ou telle liste (40 modalités – nombre de mots par liste : 20)
Chaque sujet voit tous les mots et toutes les listes

S<A<B>>
?

Dossier à rendre le 14 décembre 2005
Exercice

1.    VD : nombre moyen de mots correctement restitués
2.    VI1 : interférence à 2 modalités – forte ou faible
VI2 : Hémichamp de présentation du stimulus à 2 modalités – gauche ou droit
3.    S<A> & SxB & AxB    
4.    Longueur des mots : maintenu constant (3 lettres)
Durée d’exposition des stimulus : maintenu constant (150 ms)
Ordre de présentation des mots : randomisation (40 ! : trop grand pour un contre balancement total)
5.    Plan d’expérience : plan dans lequel on inclue les variables d’intérêt et les variables secondaires manipulées
M(B) : Mots (40)
S : sujets
A : interférence
C : hémisphère
S20<A2>xB20<C2>
Si on a un plan de ce type (2 variables secondaires aléatoires) on ne peut pas utiliser les analyses de variance classique. 2 possibilités : calculer F’ ou F’’ ou quasi-F mais dans certains cas ces stats n’existent pas et on ne peut pas analyser le plan. Il faut alors transformer le plan en deux (1 avec facteur S et l’autre avec facteur M, ici – on parle d’analyse par sujets [ici : S20<A2>xB2] et d’analyse par items [ici : M20<A2>xB2]) et ensuite généraliser ces résultats à tous les sujet et à tous les items.
6.    Trois variables d’intérêt : S – I(A) – H(B)
S20<A2>xB2
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