Modes de connaissance et de communication de l'enfant Suggérer par mail
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L’un des apports fondamentaux de la psychanalyse est la prise en compte de la sexualité dans le développement infantile. On ne prend pas en compte la sexualité en tant que comportement mais en tant que sexualité infantile qui décrit les formes de recherche de plaisir pendant l’enfance, en montrant leur spécificité et la possibilité d’élargissement de la notion de sexualité.

La sexualité infantile se manifeste parmi les différentes voies à travers lesquelles l’enfant va apprendre à se connaître et détourner des phénomènes physiologiques universels pour en faire des moments de plaisir. Il va y avoir des liaisons entre l’exploration du corps et une curiosité par rapport à certaines questions sans réponses.

Cette sexualité infantile à travers ses différentes positions a un certain nombre de caractéristiques :
-    sexualité sans orgasme
-    sexualité non organisée autour du couple masculin/féminin mais autout d’autres couples (actif/passif ; dévoreur/dévoré, etc.). Le couple est interprété à travers des positions complémentaires reliées à des organes du corps (autres que le sexe)
o    Dévoreur/dévoré > stade ORAL
o    Bourreau/victime > stade ANAL
o    Tout puissant/chatré > stade PHALLIQUE

Au départ il y a indifférentiation entre la mère et l’enfant. Cette différentiation est parallélelle à la sexualité infantile. L’enfant naît avec des instincts (de conservation, etc.), et c’est dans l’assouvissement de ses instincts que se fait la soudure entre biologique et la sexualité infantile.

L’étayage : dans ses moments de nourrissage la mère ne nourrit pas seulement l’enfant mais lui fait éprouver du plaisir. La mère alimente le bébé en l’aimant et en lui faisant plaisir / l’excite au niveau de la bouche en même temps qu’elle assouvit son désir. L’étayage en l’appui du désir sur le besoin. Sur l’instinct s’appuient des expériences non instinctives qui suppléent à un présent frustrant.

Stade ORAL

Par des excitations au niveau de la bouche le bébé se crée des fantasmes. Ces expériences fantasmatiques vont être refoulées et se manifester plus tard inconsciemment.
A la fin de la 1ère année les lalations excitent tout le monde : le bébé semble enfin devenir humain aux yeux des parents. L’accession au langage est aussi l’accession au symbolique. L’être humain n’a pas besoin de rapporter quelque chose pour se faire comprendre : la conscience est suffisante. On évoque des images en parlant de quelque chose / en utilisant un signe. Le symbolisme est le fait d’évoquer un objet par un autre. Tout ces faits (accession au langage et excitation orale) sont liés à l’oralité.

Stade ANAL

Au moment où la maturation neuromusculaire des sphincters est bonne, l’enfant accède à la propreté. Il commence à pouvoir contrôler ses sphincters et c’est à partir de ce moment que l’on voit apparaître le désir des parents que l’enfant maitrise la propreté. Ce désir se manifeste par incitation et par chantage affectif.
Mais l’enfant prend aussi conscience qu’il peut refuser à cette époque : il y a une dynamique relationnelle. L’enfant remarque le plaisir qu’il a a retenir ses selles. A côté d’une expérience physiologique se met en place une dynamique relationnelle complexe faite de plaisir (passage des fèces) et de frustration (expulsion des fèces)

Stade PHALLIQUE

Le phallus est symbole de pouvoir. L’enfant ne percoit qu’un seul sexe : le pénis, car il se devine. Pour lui, soit on l’a, soit on l’a pas. On n’est pas dans le couple masculin/féminin mais dans le couple masculin/non masculin.
L’enfant quelque soit son sexe considère que le fait d’être une fille est un problème. Le garçon possède quelque chose qu’une fille n’a pas : il est donc plus puissant.
La problématique phallique laisse beaucoup de traces inconscientes, chez l’homme (homosexualité inconsciente) comme chez la femme (rivalité féminine/guerre des sexes).

L’expérience familliale est triangulaire. Indifférenciée au début (dyade primitive), le bébé se rend vite compte qu’il n’y a pas que lui et sa mère dans le monde, mais aussi les autres (le plus souvent le père).
Au moment de la phase phallique ce triangle donne lieu à des fantasmes particuliers car :
-    Plus de binôme
-    Envahissement peu à peu
-    Amnésie toujours imparfaite
-    Le fantasme est retrouvé partout

C’est LE COMPLEXE D’ŒDIPE : l’enfant est partagé entre 2 gammes d’affects : le plaisir et le déplaisir. Par ailleurs il s’avère que durant toute la sexualité infantile l’enfant peut facilement s’imaginer dans les 2 sexes. L’oedipe est le moment où l’enfant vit conjointement et donc de façon contradictoire avec les 2 parents. Apparaît l’angoisse de castration chez le garçon.
Œdipe positif : être de forte connivence avec le parent de sexe opposé et vouloir éloigner le parent de même sexe.
Œdipe négatif : être de forte connivence avec le parent du même sexe et vouloir éloigner le parent de sexe opposé.

Autour de 5-6 ans la société décharge les parents de l’éducation pour l’attribuer à des étrangers. L’enfant doit intégrer des situations bien différenciées entre lui et ses parents pour s’adonner à d’autres apprentissages.


Le bébé en raison de sa néoténie (décalage entre sa maturité et le moment de sa naissance) est dans une situation de dépendance absolue de son parent maternel. Etat de dépendance qui dure pratiquement 2 décennies.
Chez Freud la « hilfnosichkeit » (« absence d’assistance/d’aide » ce qui est différent de la dépendance) souligne le fait que le petit humain ne survit pas sans autrui (mère > milieu familial > famille au sens élargi > tranche d’âge > etc.). Même si on trouve quelques cas d’ermite, de vagabond il n’existe pas d’être humain seul du début à la fin de sa vie.

Il est impossible de rester seul : il faut au moins une autre personne. L’expérience humaine est toujours d’être avec ou sans un autre. La construction psychique/expérientielle se fait à travers les relations à l’autre. Le fondement de l’identité est toujours révélé par l’autre. La réalité humaine est la relation à l’autre, même s’il n’est pas physiquement présent (on l’évoque).

Le fait de nous soigner est gouverné par notre instinct de conservation bien sûr, mais surtout par le regard de l’autre.
Image dans le miroir : reflet de ce l’autre voit de nous.

C’est pour cela qu’étudier l’expérience humaine sans tenir compte de l’autre est hors de propos. On peut dire que parce que la vie humaine est la relation à l’humain que la vie humaine est tissée de sens.
Pour parler de soi, on reprend l’action de l’un sur l’autre, dans toutes les langues (je (sjt) me (objet) …)

Tout signifie quelque chose : l’individu communique sans s’en rendre compte, par le corps et le cri dans les premiers instants de la vie, puis par le corps, le cri et le langage après acquisition de celui-ci.
Le langage devient prééminent par la suite mais il reste toujours dans toute communication une part du corps (communication non verbale).

Communication non verbale se manifeste par :
-    habitus : manière de poser notre corps/d’être présent aux autres
-    posture
-    gestes
-    mimiques
-    communication infra verbale : ton, tonalité, rythme de la parole
-    odeurs corporelles
-    registres immaîtrisables (dilatation de la pupille, etc.)

Au fil des premières années les gestes deviennent de plus en plus fins (vers 5 ans maîtrise a peu près totale)
Maîtrise proximo distale (du centre aux extrémités)
Le corps et le geste plus que le langage à ses débuts vont être les vecteurs du lien entre communication non verbale et inconscient, de sorte que dans les 1ères années la vie interne est peuplée d’un rêverie permanente à propos du corps (sexualité infantile) mais aussi à propos du lien avec l’autre.

Les modes de communication de l’enfant sont symboliques et très proches du corps. Celui-ci est présent tout au long de la vie et fait retour dès que la bride des interdits est levée.

Chez l’enfant le jeu, le dessin, le modelage et toute autre activité de création sont les premiers modes d’expression, très proches du corps. En grandissant les modes d’expression deviennent de moins en moins proches du corps.

On constate que à 4 5 ans entre plusieurs modes d’expression les jouets figuratifs prédominent dans les choix de l’enfant : il est présent dans les scènes qu’il se crée, son corps est présent.
Vient ensuite le modelage, avec une approche tridimensionnelle.
Le dessin arrive ensuite, avec la problématique de la symbolisation.
Puis le discours alterné au dessin.
A l’orée de l’adolescence seul reste le discours. A partir de ce moment les autres modes d’expression sont négligés car liés à l’enfance. Le dessin spontané est considéré par l’ado comme qqch. de dépassé.

A travers toutes ces voies d’expression, de façon différente chez chacun mais aussi de façon universelle on retrouve le désir inconscient de signifier, de symboliser ce qui vient à l’autre tout de suite concernant soi ou l’autre.

Il y a une dimension symbolique qui s’exprime à travers des personnages, des objets, etc. pour exprimer ce qui se passe inconsciemment. On travesti inconsciemment la pensée

Symbolisation : transfert inconscient d’un conflit psychique inconscient sur la réalité.
Plus tard le langage va permettre lui aussi d’exprimer des messages obvis.


I.    Une encoprésie dans une singulière position

Observation clinique
KREISLER, « l’enfant du désordre psychosomatique »

Biographie succincte de Kreisler :
-    Pédiatre devenu psychanalyste
-    Des années 60 aux 80 il fut l’un des découvreurs de l’abord clinique des troubles psychosomatiques de l’enfant avec Soulé, Fain, et Diatkine entre autres.

Dans les troubles psychosomatiques un trouble psychique se manifeste par un trouble du corps. Il n’y a pas de « réelle » maladie dans le sens ou il n’y a pas de lésions sur les organes mais il y a quand même un trouble de la physiologie (c'est-à-dire du fonctionnement normal du corps). Concrètement, une personne peut manifester une cécité sans qu’il n’y ait de lésions au niveau des yeux pour pouvoir l’expliquer.
Dans le traitement d’une maladie psychosomatique l’histoire du sujet est considérée comme parallèle à celle de la maladie. Toutes causalités confondues, souvent le cancer commence à s’exprimer quelques mois après une rupture (deuil, …). Certaines maladies sembleraient être une adaptation aux épreuves de la vie.
Le problème psychosomatique est un vertex en ce sens qu’il peut être abordé par deux positions : l’approche neuroscientifique et l’approche clinique. En psychologie clinique on n’étudie pas les mécanismes mais on cherche avec le sujet d’autres moyens de symbolisation qui lui permettraient de communiquer autrement qu’en maladie la rentrée du non-soi dans le soi.

Texte
Encopresie : fait de défequer sur soi
-    Primaire : le sujet n’a pas acquis le contrôle sphinctériel
-    Secondaire : le sujet a déjà acquis ce contrôle
Enurésie : fait d’uriner sur soi (idem pour primaire et secondaire)

    Un symptôme est toujours le symptôme de l’individu avec ses proches (il faut prendre en compte les réactions des proches façe à la maladie – souvent les relations changent). Dans le texte le trouble de l’enfant a touché la vie de couple des parents. Le père est devenu trop proche, a tel point qu’on peut considérer qu’il n’y a presque pas de différentiation père/mère.
    L’enfant semble tout le temps malade (5 paracenthèses et d’autres maladies …).
    La mère est minutieuse. Cette attitude est liée à la névrose obsessionnelle.
    Le comportement du père par rapport au fils va de pair avec sa petite enfance (il veut vaincre la maladie de son enfant par peur de le perdre comme sa mère et sa sœur).





La première séance

On entend surtout parler de ce que Norbert fait et non pas de ce qu’il ressent. La facon de décrire est très précise, ce qui est une marque de la minutie de la mère.
On a l’impression d’une culpabilité (le fait qu’il se cache pour le faire …) >> ce qui evoque la honte mais aussi l’excitation : c’est la sexualité. Cette sexualité est infantile puisqu’elle n’aboutit pas à l’orgasme.
Pourquoi ses troubles s’expriment plutôt par le comportement que par la parole ? Norbert régresse (il suffit d’une montée d’affect pour que l’individu régresse (parler fort, méthaphores corporelles liées à l’analité, etc.). Cette régression permet de remarquer que Norbert réagit beaucoup par le comportement : le corps exprime les idées. Mise en relation des idées par le corps.

Le jeu à coucou

Norbert ne veux pas être séparé de sa mère et ne la laisse pas être à quelque un d’autre : ne supporte pas la presence d’un tiers.
Complexe d’Œdipe fait naître la difficulté à accepter la séparation des générations.
La mère « découvre » son fils à travers ce jeu. Cela montre qu’elle ne comprend pas son enfant mais aussi qu’elle est elle-même invalide à l’éduquer. Les difficultés de Norbert son liées aux difficultés de la mère.
Il y a une dimension préhistorique. La mère elle-même a un refoulement massif des sentiments de l’enfant lors d’une séparation.

Le chat Anselme

On évoque une disparition. Ne pas parler de la disparition du chat serait une conduite de couple : quand on ne parle pas c’est en quelque sorte envoyer chier quelqu’un.
Pourquoi après cette séance Norbert va mieux ? Il a non seulement entendu l’histoire contée par sa mère mais a également trouvé dans la thérapeute quelqu’un qui peut l’entendre / prendre du plaisir à jouer avec lui

Le bourrage de l’ambulance

Il y a un double bénéfice :
-    Norbert élabore encore la problématique de la séparation
-    La mère voit que sa facon d’être a des répercussions (son fils s’identifie à elle)

Le marabout

Norbert utilise le langage par le désir et non plus le langage par le corps : il dit les choses comme il se les représente et donc n’utilise rien de régressif.
On voit dans son discours la peur (marabout qui symbolise la violence, la mort etc.) et la sexualité (notions sexuelles qui se balladent dans un discours fantasmatique : bidet, pipi, …)
Pourquoi cette phobie ? Norbert développe de nouveaux symptômes comme moyens de défense par rapport au complexe d’Œdipe et sa préhistoire personnelle.

Cette scéance nous montre l’émergence du langage. Il condense la problématique du transfert intergénérationnel (il l’est ou pas ? (juif))
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