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Exclusion , discrimination , déviance |
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Introduction
Dès les débuts de la psychologie sociale (avec Tarde), celle-ci s’est intéressé à ces phénomènes et ne s’en est jamais détaché. On se pose la question ici de savoir comment, en groupe, on en vient à construire la différence, l’altérité, l’autre. Comment à partir de la construction de cette différence on en vient à ces phénomènes d’exclusion, de discrimination et de déviance ? Qu’est ce qui fait que dans des sociétés régies de manière démocratique, un certain nombre de personnes sont amenées à accepter, à revendiquer ces phénomènes ? La psychologie sociale a établi des programmes de recherche qui vont expliquer comment on en arrive à ces situations de discrimination et de déviance.
D’un point de vue historique, la psychologie sociale s’est tout d’abord intéressé à la déviance criminelle (Tarde et la criminologie) ; puis sur les comportements discriminatoires. Ce n’est que plus tard qu’elle s’intéressera aux conséquences de ces comportements (exclusion, etc.). Depuis les années 80 ce sont des thèmes qui ne sont plus porteurs, ils préoccupent moins les psychosociologues qui abordent ces problèmes différemment (autres processus). La littérature sur la discrimination est riche et souvent nord américaine. Rappelons que c’est la société américaine qui s’est la première penchée sur les problèmes raciaux (Lewin, etc.) ce qui explique le pourquoi du comment. Il y a eu une rupture épistémologique dès lors que l’on a pensé la déviance par rapport à la norme : en effet des auteurs ont suggéré que la société provoquait la déviance (ex : Durkheim). A partir de ce moment on a commencé à chercher quels étaient les mécanismes qui faisaient que la société provoquait la déviance.
OGIEN : « Sociologie de la déviance »
Définitions et liens
Exclusion : le verbe exclure vient de l’idée de fermeture – de fermeture par rapport à un individu. Il y a donc l’idée de chasser quelqu’un d’un endroit voire de l’interdire de rentrer dans un endroit (on lui ferme l’accès au groupe). Il y a aussi l’idée de tenir ce quelqu’un à l’écart et de lui interdire ses droits. Pour qu’il y ait phénomène d’exclusion il faut être au moins deux : un excluant – l’autre exclu. Il faut donc toujours travailler au niveau des interactions entre personnes et des relations intergroupes (l’exclusion engage toujours un aménagement spécifique des relations interpersonnelles / intergroupes). Pour Denise Jodelet il y a trois mécanismes qui se manifestent dans le phénomène d’exclusion. - Ségrégation qui se traduit par une mise à l’écart topologique (ex : ghetto) - Marginalisation qui se traduit par une mise à l’écart d’un groupe / d’une institution ou d’un corps social de façon plus symbolique - Discrimination qui est le fait de séparer un groupe d’autres groupes en le traitant plus mal
Ces comportements sont donc dirigés sur des individus jugés différents, et cette différence prend racine dans les préjugés, les stéréotypes, etc. La ségrégation et la discrimination sont des actes, la marginalisation non. Lorsque l’on parle de ségrégation, on va étudier comment est aménagée cette relation spécifique entre excluant et exclu et plus particulièrement les répercussions spécifiques sur les exclus. On peut étudier la ségrégation dans des société ou elle est élevée en système politique (apartheid // inde) et qui fait que selon notre appartenance ethnique on a pas les mêmes droits pour tous. Toutes ces exclusions ont une histoire et provoquent un certain nombre de mécanismes particuliers
Le terme de déviance est une notion floue, voire la plus floue des sciences sociales : de temps en temps la déviance est présentée comme un comportement qui viole les normes – et on parlera de criminalité, de délinquant, etc. On peut aussi avoir une définition en termes statistique : est déviant la personne qui est différente de la majorité de la population (qui sont rares statistiquement) : elle peut être comprise donc en tant qu’anomalie psychopathologique. Les populations « déviantes » vont pouvoir dans cette définition être des malades de toute sortes – anomalie physique / handicap / SDF / quelqu’un qui a un passé qu’il veut cacher / qui n’a pas les même croyances, pratiques, etc. Avant le terme de déviance on a utilisé plusieurs termes différents : - Criminalité : accusation à l’encontre de quelqu’un qui a commis une infraction punie par la loi d’une peine afflictive. Ceux qui ne respectent pas cette loi (ce « code ») va être marqué à vie par cette peine. - Délinquance : idée de quelqu’un qui contrevient à une règle de droit et qui s’oppose à des poursuites. Termes quasiment équivalents. Cependant la valeur sociale n’est pas la même pour chacun. - Déviance : le terme de déviance apparaît dans les années 70 (il était auparavant utilisé pour définir un procédé technique) et est défini comme étant une conduite qui contrevient aux normes admises dans une société donnée.
La différence entre ces termes tient dans la présence d’un appareil répressif : lorsque l’on contrevient à une norme sociale (déviance) il n’y a pas d’appareils répressifs qui permettent de la faire respecter : on peut très bien enfreindre une norme sans avoir de peine afflictive. La criminalité et la délinquance sont eux punis par la loi. Pour Revaut d’Allonnes on appelle déviant un individu ou un groupe qui ne se trouve pas conforme ou n’adhère pas aux normes communément admises. On peut contester le pluriel à « normes » dans cette définition : en effet, un individu peut enfreindre une seule norme et être déviant.
Différence et déviance
Il faut signaler la distinction a faire entre différence et déviance : être différent n’implique pas d’être déviant par contre le fait d’être déviant implique une différence perçue socialement. Pour qu’il y ait déviance, il faut qu’il y ait construction collective d’une différence, avec sanction sociale, etc. : la déviance est donc construite par le(s) groupes. Une personne déviant est forcément différente sur un point (religion, etc.).
I. LA CATEGORISATION
a. Définition
La catégorisation consiste à traiter un groupe d’objets, de personnes ou d’événements comme équivalents.
b. Pourquoi catégorise t on ?
On catégorise pour deux raisons : - Pour simplifier la réalité : la réalité est en effet trop complexe pour être traitée cognitivement dans sa totalité. Le but est de faciliter la mémorisation et le rappel. - Pour aller au-delà des informations présentées et donc adapter ses comportements à des situations nouvelles.
c. Les objets
On catégorise absolument tout. En psychologie sociale on étudie la catégorisation sociale, c'est à dire la catégorisation des personnes et des groupes. C’est un type de catégorisation dangereux car il peut donner lieu à de la discrimination.
d. Les biais
Biais de favoritisme endogroupe : c’est le fait d’avantager les membres de notre groupe au détriment de l’exogroupe. La catégorisation est la conséquence de deux processus qui peuvent donner lieu à des biais : l’accentuation et l’assimilation. Accentuation : on a tendance à accentuer les différences entre deux groupes Assimilation : à l’intérieur d’une catégorie on réduit les différences entre les membres
II. LES STEREOTYPES
a. Définition
Le stéréotype est une croyance partagée concernant les caractéristiques personnelles – généralement des traits de personnalité mais souvent aussi des comportements d’un groupe de personne. Le stéréotype n’est pas forcément négatif. (Leyens, Yzerbyt & Schadron, 96).
b. Stéréotype et perception sociale
La perception sociale est la perception d’une personne ou d’un groupe.
Nous avons trois processus de traitement des informations sociales : - l’attention et l’encodage de l’information - l’interprétation - le stockage en mémoire
En conséquent le stéréotype peut être lié à chacun de ces trois processus : - Si le stéréotype est lié au premier processus, on a tendance à voir ce que nous voulons voir - Si le stéréotype est lié au deuxième, on a tendance à comprendre ce que nous voulons comprendre - Si le stéréotype est lié au troisième, nous avons tendance à retenir ce que nous savons déjà (on néglige ce qui infirme le stéréotype)
Le stéréotype est une croyance Le préjugé est une attitude La discrimination est un comportement
III. LES NORMES
a. Définition
Toutes les sociétés – et les groupes – possèdent des normes. Ces normes définissent une manière de vivre et d’agir. Pour appartenir à une société ou à un groupe il faut suivre les normes.
Normalisation : processus graduel de convergence des opinions et comportements des membres du groupe, aboutissant à la création d’une norme commune. Les gens sont cibles et sources d’influence à la fois : on est influencé par les autres et on influence les autres à l’égard d’une norme.
b. Caractéristiques
Les normes ont plusieurs caractéristiques : - Les normes attribuent une valeur à des comportements et des façons de penser (bien/pas bien, etc.) - Les normes sont apprises et intériorisées - Les normes sont des vérités établies socialement par le groupe - Elles sont variables et peuvent changer selon les groupes.
c. Déviance
La déviance est le fait de ne pas suivre une norme. Faire un exposé sur un groupe déviant (présentation du groupe, présentation des normes, présentation de la déviance/en quoi ce groupe est déviant.
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