Emotion et Cognition Suggérer par mail
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CHAPITRE I : LES EMOTIONS

Emotions (Dantzer, 88) : éléments essentiels de notre existence qui colorent nos réactions à l’environnement et influencent nos perceptions. Leurs caractères exagérés ou leur disparitions est signe pathologique.

Le terme d’émotion a un sens très différent selon l’approche :
-    Pour la psychologie sociale c’est la conséquence d’une relation entre personnes
-    Pour la psychologie clinique c’est un trouble de l’humeur
-    La psychologie du développement étudie l’interaction entre psychologie clinique et cognitive
-    Les sciences cognitives étudient l’interaction entre psychologie sociale et neuroscience, l’évaluation des émotions et les régions cérébrales

Les principales théories émotionnelles

La théorie de James & Lange : la réaction constitue l’émotion
La théorie de Cannon-Bard : les réactions et les émotions sont simultanées
La théorie de Schäcter & Singer : l’interprétation constitue l’émotion

Emotion

Il y a deux grand groupes d’émotions : les émotions primaires et les émotions complexes

Les émotions primaires

Darwin, 1872
Des émotions comme la peur, le dégoût, la colère, etc. sont programmées génétiquement, sont des comportements adaptatifs et permettent la communication.

Ekman, 1994
Expressions faciales innées et universelles : peur, colère, tristesse, joie, surprise, dégoût
Ekman a démontré que tous les hommes, quelles que soient leur appartenance ethnique, ont les mêmes expressions faciales. Il  a crée une batterie de photos qui permettent d’évaluer les émotions. La batterie d’Eckman a une portée médicale car on s’est aperçu que certaines pathologies empêchaient de reconnaître les affects primaires (par ex. les malades d’Alzheimer ne reconnaissent plus la peur.

Les émotions complexes

Sont considérées comme complexes les émotions sociales (embarras, jalousie, amour, admiration, etc.) et les humeurs (anxiété, dépression, etc.)

Anxiété : expérience subjective déplaisante et intense, dominée par l’incertitude
Dépression : les sentiments dominants du sujet sont tristesse, culpabilité et honte, en plus de troubles organiques (perte de sommeil, d’appétit, et ralentissement)

Les deux dimensions de l’émotion

Bradley & Lang (2000) considèrent deux dimensions dans chaque émotion
-    La valence émotionnelle (plaisant, neutre, déplaisant ou positif, égal et négatif)
-    L’intensité émotionnelle (peu d’excitation ou beaucoup d’excitation)

L’évaluation de l’émotion

Physiologie

Plusieurs indices somatiques peuvent permettre d’identifier scientifiquement les émotions :
-    Le dosage des catécholamines urinaires est très élevé lors de la peur
-    L’enregistrement du rythme cardiaque et de la tension (tachycardie lors de sentiments de colère/de peur // hypotension lors de la peur (csq : arrêt cardiaque) et hypertension lors de la colère (csq : rupture d’anévrisme))
-    L’activité électrodermale et les réponses électrodermales renseignent aussi sur les émotions du sujet

Comportement

 Plusieurs indices comportementaux vont dans le même sens :
-    Le nombre d’auto contacts ou d’hétéro contacts
-    Le regard et le nombre de contacts oculaires
-    Le langage et la coloration affective de la voix






Cognition

Ce sont ici tests, questionnaires et échelles qui permettent d’évaluer les ressentiments de l’individu face à une situation :
-    Mesure du ressenti émotionnel (ex : questionnaire de Spielberger)
-    Mesure de l’intensité émotionnelle
-    Mesure de la valence émotionnelle (ex : SAM, Self Assement Manikin ; Bradley & Lang (1994))

Les expressions  faciales

Les émotions faciales permettent de reconnaître les émotions exprimées par autrui et ainsi d’accéder à son état mental. Elles sont essentielles pour se construire une théorie de l’esprit. Leur reconnaissance est indispensable à la vie en groupe et elles forment le pivot de la communication humaine. Différentes méthodologies ont été proposées pour permettre d’évaluer la capacité de reconnaissance des émotions d’un individu (on parle de perception des émotions faciales). Cependant elles sont controversées car non reproductibles.
-    FACS (on mesure le pourcentage d’identification des émotions obtenu par un individu)
-    Tests où, sur une photo, des visages neutres et des visages menaçants sont mélangés. Il faut pour le sujet repérer le visage en colère sur chaque photo.
-    Films, sons, odeurs, situations d’interactions sociales.
-    MARIE (Méthode d’Analyse et de Recherche de l’Intégration des Emotions) La méthode consiste en une transformation informatique d’un visage sur une photo (par une procédure de morphing) de façon à faire passer le visage d’une émotion à une autre. Il existe 17 images intermédiaires entre les deux images cibles et le sujet doit dire le moment où il pense que le visage apparaît avec un affect différent de celui du début.

Sciences neurocognitives

Les émotions sont évaluées selon les impacts qu’elles ont au niveau physiologique et plus particulièrement au niveau du cerveau :
-    Neuro-imagerie fonctionnelle : IRM, TEP
-    Electrophysiologie : EEG (potentiels évoqués), électromyographie locale

Les troubles émotionnels

-    Perturbation de la perception des émotions (indifférence affective)
-    Perturbation des expressions émotionnelles (pleurs ou rires immotivés, apathie, aboulie, anosognosie)

Mesure des troubles émotionnels

La mesure des troubles émotionnels se fait par des échelles comportementales
-    Echelle comportementale (Godefroy & al. 1996) permettant de mesurer la distractibilité et l’aboulie
-    Echelle du GREFEX (Groupe d’Evaluation des Fonctions Exécutives) qui permet une évaluation précise des troubles comportementaux (remarque : on nomme aussi cette échelle ISDC – Inventaire du Syndrome Dysexecutif Comportemental) C’est une échelle de 12 items, mesurant la réduction des activités, l’anticipation, l’organisation, l’initiation de comportements, les troubles émotionnels tels que le désintérêt, l’euphorie, l’irritabilité, l’hyperactivité, la distractibilité, l’impulsivité, la fréquence de ces comportements, leur gravité et leur retentissement sur la vie sociale de l’individu et de son entourage.

La mesure de la dépression et de l’anxiété

-    Echelle de Golberg qui permet d’évaluer dépression et anxiété
-    MADRS qui permet d’évaluer la dépression
-    Echelle de Cattell qui permet d’évaluer l’anxiété

CHAPITRE II : LA COGNITION

La cognition se défini comme l’ensemble des activités intellectuelles et des processus qui se rapportent à la connaissance et à la fonction qui l’a réalisée.
On sait actuellement que l’émotion influence la cognition et que donc, étant très liées, ces deux instances doivent toujours être mesurées lorsque l’on cherche à mesurer la cognition.

La mémoire

Il y a deux types de mémoire : la mémoire à court terme et la mémoire à long terme.
La mémoire a court terme a pour fonction le maintien temporaire et limité de l’information (Miller : la mémoire a court terme peut stocker 7±2 chunks d’information
La mémoire à long terme se compose de la mémoire épisodique (influencée par les contextes spatio temporels) et la mémoire sémantique (ensemble de définitions, etc.)
On peut évaluer la mémoire épisodique en faisant apprendre à un quelconque sujet une liste de mots
On peut évaluer la mémoire à court terme en demandant à un sujet de faire une tâche de rappel immédiat




Les fonctions exécutives

Les fonctions exécutives sont des fonctions cognitives supérieures responsables de la régulation de nos comportements. Leur fonction principale est de faciliter l’adaptation du sujet à des situations inhabituelles quand les routines d’action ne suffisent pas. Ce sont des fonctions essentielles a tout comportement autonome et adapté.

Représentation de la mémoire de travail



Schéma proposé par Baddeley vers 86, celui-ci a quelque peu évolué depuis (a été rajouté le buffer épisodique). La mémoire de travail peut se décomposer en quatre instances :
-    La boucle phonologique permet de traiter les informations auditives et de s’auto répéter une information infiniment
-    Le calepin visuo-spatial permet de traiter les informations visuelles
-    Le buffer épisodique permet un traitement multimodal des informations
-    L’administrateur central est chargé de contrôler l’utilisation des instances susnommées

Dépression et mémoire

La dépression provoque une altération de la mémoire épisodique (au niveau de l’encodage, du stockage et de la récupération d’informations ; Bower & al. 83) d’une part ; mais a peu d’influence sur la mémoire implicite d’autre part (Danion et al. 91).   

Effet de congruence à l’humeur

Wilkins & al. (92) ont montré que dans un état émotionnel donné on s’oriente vers des stimuli congruents. Si l’humeur est noire on va orienter ses choix vers des stimuli qui sont en rapport avec cette humeur (ex : films noirs, … qui tendent à renforcer ce sentiment)

Effet de la dépendance d’état

L’état du sujet influe sur ses performances : celles-ci baissent si il y a modification de l’état physique ou psychique du sujet entre apprentissage & récupération ; ce qui nous fait dire que l’humeur est un indice contextuel (elle varie en fonction du contexte)

Attention et dépression

La dépression affecte les processus contrôlés (Danion & al., 91) : les dépressif ont très souvent une altération des fonctions exécutives et des problèmes de prise de décision.

INTRODUCTION

Emotion : état affectif intense provoqué soit par une situation dans l’environnement soit par une représentation mnésique. Cet état est très court (de l’ordre de la minute voire de la demi heure au grand maximum)
Le cours va être composé de deux parties : la première partie s’attachera à la différenciation hémisphérique des émotions. En effet les émotions, selon leur valence émotionnelles, ne sont pas traitées de la même façon par les hémisphères cérébraux. La deuxième portera sur les structures cérébrales spécifiques impliquées dans les émotions, tels que l’amygdale, le striatum (noyau lenticulaire + noyau caudé), le gyrus angulaire, le cortex insulaire et le cortex préfrontal
Remarques : tandis que le cortex préfrontal est très lié aux émotions, le striatum et le gyrus angulaire sont quand à eux très liés à la motivation. On verra que émotion et cognition sont très liées.

Une émotion peut être découpé en trois composantes différentes :
-    les réactions physiologiques
-    le comportement expressif
-    l’expérience subjective du sujet (on est capable de rapporter quelle émotion on a ressenti à un moment t)

On s’est aperçu qu’il pouvait y exister des lésions entre ces différentes composantes (par ex. le fait de ne pas ressentir l’émotion qu’on éprouve résulte d’une lésion qui isole l’expérience subjective du sujet des deux autres composantes) ; d’où l’hypothèse qui dit que les régions de cerveau qui traitent ces composantes sont différentes.

PARTIE A : SPECIALISATION HEMISPHERIQUE

L’hypothèse de la spécialisation hémisphérique est apparue lorsque l’on s’est aperçu que les victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC) gauche développaient un comportement dépressif, tandis que les gens victimes d’un AVC droit tombaient quant à eux en indifférence affective et en anosognosie.

Gainotti a le premier tenté d’expliquer ce phénomène : pour lui les gens ayant subit un AVC gauche ont des comportements normaux : le fait de tomber en dépression après un accident est pour lui une réaction émotionnelle normale. L’hémisphère gauche ne serait donc pas impliqué dans les émotions. De son point de vue, c’est l’hémisphère droit qui est responsable des émotions. Il y a donc latéralisation des émotions et c’est l’hémisphère droit qui est impliqué dans les émotions.

Davidson et al. ont émis des critiques aux hypothèses de Gainotti : ils ont dans le but d’éprouver la théorie précédente, posé l’hypothèse que si la dépression est liée aux troubles – comme dans la théorie de Gainotti – la gravité de la dépression serait corrélée à la gravité de la situation.
Leurs expériences montrent que non et que finalement la réaction dépressive lors d’un AVC gauche est anormale. La nouvelle hypothèse est que l’hémisphère gauche est impliqué dans les affects positifs et que l’hémisphère droit est impliqué dans les affects négatifs (L’hémisphère droit fonctionne lors d’un AVC gauche et est responsable de la dépression. Parallèlement lors d’un AVC droit c’est l’hémisphère gauche qui fonctionne et on observe une indifférence affective et une anosognosie. Chaque hémisphère contribue donc aux émotions donc l’hémisphère gauche est responsable des affects positifs et l’hémisphère droit des affects négatifs.
Nombre d’expériences confirment cette deuxième théorie.
-    Argument expérimental : on va constituer un groupe de sujet sains pour leur faire passer un PET-Scan (IRM) et on va leur montrer des images inductive d’émotions positives ou négatives. On regarde les régions du cerveau qui sont activées. Bien qu’il y ait de nombreuses différences interindividuelles, l’hémisphère droit se retrouve le plus activé lors de la production d’émotions négatives et l’hémisphère gauche lors de la production d’émotions positives.
-    Pathologie : on a observé que chez les gens présentant une dépression, il y avait réduction de l’activité de l’hémisphère gauche par rapport à des gens ne présentant pas de dépression. On a également montré que chez des patients présentant des troubles anxieux il y avait suractivation de l’hémisphère droit.  

La théorie de Davidson est probablement celle qui est la plus proche de la réalité. Mais ce n’est pas pour autant que la théorie de Gainotti a été abandonnée.

PARTIE B : LES REGIONS CEREBRALES IMPLIQUEES DANS LES EMOTIONS

L’amygdale

L’amygdale fait partie du système limbique (amygdale + hippocampe / partie du cerveau qui traite de la mémoire et de l’émotion). C’est un lieu où arrive toutes les informations en provenance de tous les systèmes sensoriels (vision, audition, olfaction, gustation, toucher) avec une préférence pour l’information visuelle.
LEDOUX travaillait sur le réaction de peur chez le rat (conditionnent type I) lorsqu’il s’est aperçu que lors d’une lésion de l’amygdale, il était impossible de conditionner le rat à la peur. Il s’est dit que l’amygdale était impliquée dans la perception et la création d’affects négatifs, en particulier la peur.

Son hypothèse a été confirmée par la suite.  
-    Argument expérimental : des chercheurs ont constitué un groupe sain et leur a présenté des images représentant un visage en proie à la peur (en IRM fonctionnelle). Lors d’une telle présentation il y avait activation spécifique de l’amygdale.
-    Pathologie : on a observé que chez les patients ayant une lésion bilatérale de l’amygdale, il y avait impossibilité de reconnaître l’émotion de peur.
-    Pathologie : les patients présentant une phobie sociale ont une suractivation de l’amygdale par rapport aux sujets sains (lors de la présentation de photos pouvant induire une phobie sociale)
Cette théorie semble donc valable. On sait aussi que le circuit de la peur comporte deux voies dans le cerveau qui fonctionnent en parallèle.


La voie rapide est une voie sous corticale. Tout ce qui ne passe pas par le cortex est inconscient – cette voie est donc non perçue par le sujet et va nous donner des informations floues sur ce que l’on est en train de voir.
A l’inverse la voie lente est corticale et donc on a conscience de ce que l’on voit et on a des informations très précises sur ce que l’on est en train de voir.
Quel est l’intérêt de ces deux voies ? La voie rapide a probablement été sélectionnée par l’évolution : il est nécessaire de réagir très rapidement pour sa survie (et donc à plus long terme pour la survie de l’espèce) et cette voie permet d’agir quasiment en même temps que l’on prend conscience d’une situation dangereuse. La voie lente permet de rationaliser les événements et de traiter plus précisément les données (de les traiter consciemment)

Les arguments en faveur de l’existence des deux voies de traitement :
-    Argument expérimental : on s’est aperçu que chez les aveugles, bien qu’il y ait lésion au niveau du cortex visuel, certains exercices de « visualisation » ont réussi. Par exemple on fait apparaître aléatoirement des points lumineux sur un écran et on demande à un aveugle de pointer leur doigt sur une cible lumineuse. Bien qu’ils disent le faire au hasard, ceux ci réussissent à faire la tâche.
-    Argument expérimental : de même pour les hémi-négligent si on leur présente deux images de maisons (une en feu et l’autre non) dans leur champ non visuel. Ceux-ci choisissent toujours la maison sans feu.
-    Pathologie : le sujet est une enfant qui est née avec des problèmes émotionnels : mauvais caractère, cauchemars, crises d’anxiétés et de dépression, tentatives d’automutilations, crises de colère. Elle a des problèmes pour gérer ses émotions et il lui est impossible de trouver un cursus scolaire normal, et d’être à l’aise dans une situation sociale. Les médecins tranchés toutes les liaisons de l’amygdale et ont observé que les symptômes avaient disparus. Cependant elle est devenue incapable de reconnaître ses émotions ou celle des autres. On s’est aperçu donc que l’amygdale traite toutes les émotions et non pas seulement la peur.

En conclusion l’amygdale permet de percevoir et de produire tous les affects, positifs comme négatifs.

Le lobe préfrontal

C’est le lobe de l’action. On peut le séparer en deux parties : la partie dorso-latérale et la partie orbito-frontale

La partie dorso-latérale de ce lobe est impliquée dans la planification la prise de décision et dans la résolution de problème. C’est ce qui nous permet de planifier notre vie, à court ou long terme. C’est une fonction que ne possèdent pas, ou presque pas les animaux. La partie orbito-frontale est impliquée quand à elle dans les émotions.
-    Pathologie : Le cas Phineas Gage : homme américain qui s’est pris une barre à mine en pleine tête, qui lui a percé le cortex orbito-frontal. Contre toute attente il a survécu et n’eu aucun problème intellectuel. Cependant il a par la suite changé de personnalité.
 
CHAPITRE C : DAMASIO ET LA THEORIE DES MARQUEURS SOMATIQUES

Damasio a beaucoup travaillé, à la suite du cas Phineas Gage, sur la partie orbito-frontale du lobe préfrontal et en a identifié le rôle. Ses études ont permit de faire le lien entre prise de décision et émotion. Depuis Descartes, on a toujours pensé que l’émotion et la raison étaient et devaient rester séparées. Damasio a contredit cette hypothèse dans son livre « L’erreur de Descartes »). Pour lui nos émotions nous orientent beaucoup sur nos prises de décisions.

La partie OF est une zone où arrivent toutes les informations du milieu intérieur et extérieur. Elle traite ce qui se passe dans le cerveau et ce qui se passe au dehors. Les lésés du cortex OF ont des difficultés à agir de façon adéquate à des situations personnelles ou professionnelles. Ils font le plus souvent des mauvais choix (en ce sens qu’ils ne leur apportent aucun bénéfice). Pour Damasio le cortex OF permet d’établir un lien associatif entre certains types de situation et certains types d’états émotionnels : ces associations sont ce que l’on appelle des marqueurs somatiques.

Les marqueurs somatiques sont des représentations mnésiques stockées en mémoire, qui associent certaines situations à certains états émotionnels.
-    Le système sensoriel capte une image, un son, une odeur, etc. (ex : serpent)
-    Il envoie cette image, ce son, etc. à l’amygdale qui va éprouver un affect (ex : peur)
-    Cet affect et cette image (ou quoi que ce soit) sont ensuite envoyés au cortex préfrontal où il sont associé pour former un marqueur somatique

Une situation inconnue va être associé à l’état émotionnel dans lequel on se trouve à l’instant présent.
Une situation similaire à une situation que l’on connaît déjà sera associée au marqueur de la situation première.
Face à une situation connue, le cortex OF active le marqueur somatique déjà associé à la situation en question. Ce marqueur somatique va nous permettre de réagir de façon adéquate. En ce sens, plus on vieilli plus on a de marqueurs somatiques et plus on est adapté.

Ces marqueurs somatiques sont intéressants pour prendre des décisions car ils nous figurent une évaluation des conséquences de cette décision. Ils permettent de prendre des décisions rapidement.
Il y a deux types de décision :
-    prise de décision rationnelle (pour Damasio ce comportement est inadapté car il prend trop de temps (on prend trop de choses en compte))
-    prise de décision rapide (influencée par les marqueurs somatiques : chaque choix est associé à un marqueur somatique - entre deux choix un des deux marqueurs somatiques va prendre le dessus sur l’autre en fonction des bénéfices ou de ce qui nous donnera des émotions positives)

Damasio a crée le test Iowa Gambling (ou test du casino).  
Le principe est le suivant : deux joueurs, chacun joue seul et a quatre tas de cartes devant lui. Chacun reçoit 2000$ par ex ; et on dit aux sujets qu’à chaque tour, ils doivent tirer une carte dans n’importe quel paquet. Leur but est de gagner le plus d’argent possible.
Les sujets sont sensé deviner quels sont les tas les plus intéressants. Les cartes sont réparties dans les quatre paquets comme suit :
-    Les cartes gagnantes dans les tas de cartes A & B font gagner beaucoup d’argent (ex : 200$)
-    Les cartes perdantes dans les tas de cartes A & B font perdre beaucoup d’argent (ex : 250$)
-    Les cartes gagnantes dans les tas de cartes C & D font gagner peu d’argent (ex : 100$)
-    Les cartes perdantes dans les tas de cartes C & D font perdre peu d’argent (ex : 50$)

Les tas C & D sont les plus intéressants car on a plus d’argent à l’arrivée. Au bout de 100 tirages on voit le nombre d’argent qu’a gagné chaque joueur.  

Damasio a crée deux groupes : le premier contenait des lésés de l’OF, l’autre des sujets sains. Les sujets sains sont tous capables de créer une stratégie afin de gagner le plus possible. Les sujets OF ont été incapable de faire les bons choix et perdaient systématiquement.  


Pour Damasio les sujets lésés OF ne parviennent en fait pas à tirer profit de ses erreurs. C’est donc le cortex OF qui crée les marqueurs somatiques. Chez les sujets lésés OF ces marqueurs somatiques ne se créent pas et ils considèrent chaque situation comme nouvelle, même si ils y ont été confrontés plusieurs fois avant.
De plus ces marqueurs créent des nuances dans les situations. Par ex : si je vais voir des lions au zoo, le marqueur somatique associé au zoo (par ex. pour un sujet non phobique « état de bien être », etc.) va nuancer la réaction que l’on aura lorsque l’on verra une demi douzaine de lions (réaction qui est le plus souvent la peur) : je n’aurait donc pas ou très peu peur lorsque je serais devant un lion en cage. Par contre si je vois un lion dans la jungle, tout seul et de nuit, le marqueur somatique associé à cette situation où à une situation similaire va nous faire faire un comportement adapté : par ex. fuir ou combattre intelligemment.
    Dernière remarque : on a remarqué que les patients avec lésions du cortex orbito-frontal n’avaient pas de réactions électrodermales lors d’une situation à risque, réactions que les sujets sains ont.
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