Développement des relations spatio temporelles et causales Suggérer par mail
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Introduction

La question du développement des relations spatio temporelles et causales est une question auquel on a du mal à répondre parcequ’elle est soumise a diverse contraintes liées au choix de deux directions de recherche différentes.


On compare souvent le bébé et l’adulte en s’imaginant que les adultes ont une maîtrise totale de la causalité : cependant personne ne peut pas connaître toutes les causes de l’existence d’un phénomène. L’analyse de la cause est un problème pour l’enfant mais également pour l’adulte.
Aujourd’hui on a remis en cause l’hypothèse selon laquelle il faut différencier intentionnalité et causalité : à la lueur des résultats récent on s’est aperçu que dès le début de la vie l’enfant évolue dans un environnement qui lui prête des intentions et que réciproquement il est capable de prêter des intentions à l’environnement de manière très précoce (avant on pensait que cette intentionnalité apparaissait avec le langage). L’enfant va être confronté à des situations causales qu’il va comprendre, ce qui va lui permettre d’agir efficacement sur son entourage.

Michotte a construit une méthode pour identifier la compréhension de la causalité chez l’enfant : il présente à l’enfant des événements visuels possibles ou impossibles
Ex : cube sur un support poussé par une main – 2 possibilités : le cube tombe / le cube ne tombe pas.
Ce protocole a été mis en œuvre dans les années 60 et ne nécessite pas de réponse verbales : seul le temps de fixation oculaire compte. On a observé que le temps de fixation oculaire de l’enfant, très précocement, est significativement plus long lors qu’il observe une situation impossible. Ceci prouve bien qu’il est étonné de la situation, car il avait déjà compris quelque chose (un objet tombe si il est dans le vide) qui a été remis en cause lors de la situation impossible.
L’organisation de la causalité se développe très rapidement chez le bébé et Michotte considère cette forme de causalité comme une gestalt (bonne forme). La conception de Michotte est opposée à la conception piagétienne (l’un inné / l’autre acquis) :
-    Dans la conception de Michotte l’enfant est considéré comme spectateur de la causalité
-    Dans la conception de Piaget l’enfant est considéré comme acteur de la causalité : il doit résoudre les problèmes qu’il se crée.

Leslie a repris les travaux de Michotte dans les 80s : il a fait des expériences chez des enfants de 5 mois pour voir si ils étaient capables de comprendre différents niveaux de causalité. Leslie a pu mettre en évidence que l’enfant traite différemment les événements selon la complexité de la causalité et que ce traitement évoluait au cours des premiers mois. Il y a un changement progressif au cours de la première année et on passe d’une simple différentiation entre deux événements à une préférence pour un événement causal à la fin de la première année.

L’étude du développement de la causalité est complexe, et ce à cause de plusieurs raisons :
-    On a pas de tâche spécifique qui permette d’appréhender la causalité / d’évaluer la compréhension de la causalité, compréhension qui repose le plus souvent sur l’intervention de plusieurs mécanismes (qui de plus peuvent être différents d’un individu à l’autre)
-    Il existe une hiérarchie dans l’acquisition de la compréhension de la causalité. On s’aperçoit que tous les individus n’accèdent pas aux fonctions supérieures en même temps, et même que certains n’accède pas à tous ces stades
-    Les modes élaborés de la compréhension de la causalité ne suppriment pas les modes les plus simples et très souvent face à un problème causal on raisonne au minimum et donc sur du concret (sans faire intervenir le formel)

Pour dépasser ces difficultés on a essayé de construire des outils faisant intervenir les représentations mentales de la causalité :
-    Réussir à sortir d’un labyrinthe
-    Cube de Kohs (reproduire des modèles avec des cubes – cette épreuve fonctionne sur le principe du tangram)
-    Figure de Rey (reproduire une figure – de mémoire ou directement (on observe ce que l’enfant a omis)
-    Bille (sur l’épreuve des événements impossibles de Michotte – deux billes entrent en contact (ou non) et la première pousse la seconde (avec délai ou sans délai)

On va faire des choses ( ?) qui ne sont pas toujours en rapport avec l’espace – de plus les épreuves construites s’appuient sur le fait que l’on a une construction linéaire au niveau du développement de l’espace (Piaget)

Les opérations spatiales sont placées dans les opérations infra logiques (c'est-à-dire que l’on va se construire un espace en réunissant différentes parties sensorielles : par ex. l’enfant va devoir réunir l’espace tactile, auditif et visuel pour n’en faire qu’un seul – il saisira ainsi ce que l’on appelle le caractère continu de l’espace.


Piaget va considérer  que le développement de l’espace est hiérarchisé (il passe par des niveaux différents d’acquisition pour se construire progressivement)
1er niveau : perception de l’espace – se fait grâce à la perception sensorielle avec les objets qui constituent cet espace
2ème niveau : représentation de l’espace – construction d’un mécanisme figuratif (comme une photo intériorisée de l’espace)
3ème niveau : l’image spatiale – qui fait que lorsque l’on désigne par le langage un objet il peut exister dans l’espace même si il n’est pas perceptible – il existe en virtuel

Piaget a considéré deux axes pour appréhender le développement de l’espace : on peut décrire le développement spatial de la même manière que le développement géométrique
Dans un premier temps il y a un espace topologique – approximatif– / celui-ci va intégrer un espace projectif : il y a une organisation pour gérer les lois de l’espace (haut bas gauche droite) : les formes / les formes s’organisent et l’espace devient ensuite euclidien (3D)
Le domaine sensorimoteur est très présent dans l’espace topologique et projectif. Le concret intervient dans les représentations des trois espaces (topologique projectif et euclidien).
Le domaine formel intervient quand à lui au niveau métrique (pour qu’il y ait carré il faut que les côtés soient de même longueur).

Pour semaine 17 Répondre aux questions sur le texte de Pascale Planche

L’apport des études interculturelles (in Pecheux MG, Le développement de l’espace chez l’enfant)

Questions :
1.    Quelles difficultés principales rencontre t-on dans les études interculturelles relative au développement de la notion d’espace ?
2.    Quel rôle joue l’environnement dans la perception des illusions perceptives ?
3.    Est-ce que les représentations bidimensionnelles de l’environnement tridimensionnel varient avec les cultures ? Pourquoi ?
4.    En quoi la variable culturelle joue t elle une rôle dans le style cognitif de l’individu ?

Commentaire
Les travaux cités sont plutôt anciens pour un livre de 90. Les travaux sur l’espace et le temps sont plutôt anciens (60-70) et datent de la théorie piagétienne. On s’aperçoit bien de l’effet de mode ici : des thématiques peuvent avoir à un moment un franc succès puis ne plus être étudiées par la suite, bien que le champ d’étude reste vaste et les découvertes nombreuses à découvrir.
La conception de la construction de l’espace et du temps n’est plus la même aujourd’hui que dans les années 60 : on a eu une évolution 1) au niveau des pays cités (qui ne sont plus les mêmes aujourd’hui), mais aussi 2) au niveau des transports et des moyens de communication (l’accélération des moyens de déplacement a donné à l’homme une meilleure maîtrise de l’espace et du temps (le rapport au temps n’est plus le même et on peut parcourir de longues distances en très peu de temps aujourd’hui)).
Avant, l’espace était circonscrit là où on habitait et se définissait par la ligne d’horizon : cette perception de l’espace était beaucoup plus petite qu’actuellement et ce à cause de plusieurs facteurs :
-    les moyens de locomotion nous permettent d’aller plus vite et plus loin
-    les médias nous permettent aussi d’élargir notre perception de l’espace et modifient la représentation que l’on en a. Ils permettent de communiquer plus vite, et pas de la même manière qu’avant (Internet, téléphone, etc. >> on « médiatise » notre communication, dans le sens où on a aujourd’hui le plus souvent besoin d’un support pour parler à quelqu’un).
-    la perception du temps n’est pas la même (le temps objectif n’est plus le même : on peut prendre l’exemple des jeux vidéos ou d’Internet où l’on passe réellement plus de temps que l’on pense y passer).

Tous ces changements influencent grandement les comportements : on a perdu la notion d’espace et du temps, la distance entre les gens augmente (e-mail, téléphone), les pratiques changent. L’enfant est déjà dans une immédiateté dès la naissance ce qui tend a changer encore plus le rapport au temps. La société évolue de plus en plus vite, l’être humain ne peut plus suivre son évolution.

Quelles difficultés rencontre t on lors de la comparaison de différentes cultures
-    pouvoir identifier ce qui joue dans les différences interculturelles
-    le problème de la psychologie interculturelle c’est qu’elle doit prendre ses problèmes au niveau de la population / de la culture
-    si l’on veut inférer les résultats il faut prendre en compte

-    identifier la variable qui est la plus pertinente pour expliquer ce qui joue dans les différences interculturelles
-    on va s’intéresser à un phénomène en faisant abstraction des autres, ce qui pose problème (conséquence logique de la première difficulté) : facteurs environnementaux et individuels sont intrinsèquement liés ce qui fait que les différences interculturelles ne peuvent être expliquées que par une seule variable, etc.
-    les notions : le fait de vouloir faire une recherche en commun/pluridisciplinaire pose problème du fait de la diversité des notions. Il faut se mettre d’accord sur les notions donc.

Ex : la notion de culture
Selon les divers champs théoriques (sociologie, psychologie, etc.) le terme de culture est totalement différent et fait référence à quelque chose d’abstrait. Quel autre terme proposer ?  
On peut proposer le terme d’environnement : géographique, social ou professionnel, il fait plus référence à quelque chose de concret, de visible et cela permet de mieux étudier l’espace que le terme même de culture.
On défini toujours l’espace par rapport à nous-même ou par rapport aux individus ou objets qui sont dans l’environnement. Cet environnement a également une influence sur ce que nous sommes. Il y a donc une relation d’interaction entre nous et l’espace.
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