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Introduction
Comportement : désigne tout ce que peut faire un organisme sans se limiter pour autant aux seules activités musculaires et hormonales. L’intérêt pour le comportement est ancien : - Aristote recherchait déjà les causes des comportements humains et animaux. Pour lui ce sont des instances spécifiques de qualités générales comme la passion, la volonté, etc. - Au moyen age on pensait que tous les comportements sont faits de l’âme, du fait de la grande influence de la chrétienté et de sa position dualiste sur la nature humaine. - Descartes (17ème) reprend cette position dualiste : pour lui le comportement est une réaction purement mécanique à l’environnement. Il y a donc d’un côté les réactions involontaires à l’environnement et d’un autre les réactions qui subissent l’action de la pensée et qui deviennent volontaires. Selon lui le siège de la pensée et donc de ces mouvements volontaires se situe dans le cerveau, dans la glande pinéale. - Dans les siècles qui suivent on dénote chez l’homme et l’animal une multitude d’action involontaire et c’est à ce moment que l’on va se focaliser sur l’importance de l’environnement pour déterminer les réactions individuelles. - Au cours du 20ème les chercheurs recommencent à s’intéresser aux réactions volontaires et c’est l’apparition de 2 écoles : l’école behavioriste, qui rejette la position dualiste, amorcée par Watson, pour eux la psychologie est l’étude scientifique du comportement ; et l’école cognitiviste (deuxième partie du 20ème), qui se démarquent par leur intérêt pour la pensée et les processus mentaux. Ces deux approches sont très différentes : les behavioristes étudient l’apprentissage et l’interaction tandis que les cognitivistes étudient la mémoire, la perception, l’attention et le langage.
Nico Tinbergen (éthologiste) va, dans un article de 1963, proposer 4 questions à se poser en ce qui concerne l’étude du comportement : - Les mécanismes du comportement (comment ?) : il s’agit d’identifier les causes immédiates du comportement. - La valeur de survie (pourquoi ?) : il s’agit d’identifier la relation comportement/survie et la valeur de descendance des organismes. - Développement/ontogenèse : apparition et disparition du comportement au cours de la vie d’un individu. - Evolution/phylogenèse : évolution du comportement au niveau de l’espèce. La question 1 et 3 sont les questions les plus abordées en psychologie et concernent autant la psychologie de l’apprentissage que les neurosciences. Les deux dernières le sont beaucoup moins mais ont tout de même une importance capitale en psychologie.
I. Les réflexes
Des événements de l’environnement (stimuli) ont la propriété de pouvoir provoquer des réponses de l’organisme dites réflexes. Réflexe : relation observable entre la présentation d’un stimulus et la présentation d’une réponse. Descartes a été le premier à avoir signalé cette relation.
Les réflexes ont tous les particularités suivantes : - Un réflexe est virtuellement observable chez tous les membres d’une même espèce. - Ils sont tous hérités, innés et se modifient naturellement ou par apprentissage. - Ils sont automatiques et irrépressibles. - Ils ont une fonction de protection de l’organisme. Il existe 2 catégories de réflexes : - Réflexes d’adaptation : présents dès la naissance et durent toute la vie - Réflexes primitifs : présents à la naissance mais disparaissent avec la maturation du cortex. Ceux-ci ont très probablement eux une utilité au niveau du développement de l’espèce. La non disparition de ce type de réflexe est preuve de trouble neurologique.
Les réflexes se retrouvent dans toutes les espèces du règne animal, du protozoaire à l’homme. Exemples de réflexes : réflexe rotulien, pupillaire (la pupille se dilate en fonction de l’intensité lumineuse), de retournement (chez le chat), etc. sont des réflexes d’adaptation. Grasping, réflexes de Moro (met ses bras en avant et cambre son dos en cas de chute), des points cardinaux (lors d’un contact sur la joue l’enfant va orienter sa tête en direction du stimulus), de succion, de Babinski (abduction des orteils lors de la stimulation de la plante des pieds, etc. sont des réflexes primitifs qui disparaissent avec l’âge.
Fridlung dénombre 19 réflexes majeurs faciaux dont 5 primitifs. Ils sont de 2 types : - Superficiels : concerne les réflexes de peau et des membranes muqueuses. Exemples : réflexe cornéen (clignement de l’œil lors d’une irritation de la cornée), nasal (éternuement), pharyngien (haut-le-cœur lors d’une stimulation). - Facio viscéraux : il y a relation entre face et rythme cardiaque. Exemples : clignement de Descartes (lorsqu’un objet approche très vite il y a clignement des yeux rapide), cilo-spinal (dilatation de la pupille lors d’une stimulation douloureuse), réflexe de Heuring-Breuer (lors d’une stimulation à l’eau froide on va avoir des pauses dans la respiration et brachycardie).
Outre la fonction de survie de l’organisme les réflexes faciaux sont également impliqués dans des tâches plus complexes comme le langage, l’alimentation, la régulation de la respiration, l’orientation, la vision, l’audition, etc.
Les réponses réflexes peuvent être déclenchées par des stimuli de natures différentes. Par exemple le réflexe rotulien est déclenché par un choc sur la rotule, le réflexe pupillaire par une lumière de forte intensité, le sursaut par un son de forte intensité, le vomissement par l’injection de chlorure de lithium (Li Cl), etc.
Ces réponses elles mêmes peuvent varier selon les sujets (elle attirent (positif) ou repoussent (négatif)). Par exemple on parle de phototaxie positive ou négative selon que l’organisme est attiré ou non par une lumière.
Il existe un seuil réflexe ou seuil de déclenchement pour que la réponse ait lieu. C’est l’intensité minimum que doit avoir un stimulus pour qu’il puisse déclencher une réponse.
Pour certains réflexes, le stimulus ne va pas déclencher l’apparition d’une réponse mais modifier une réponse déjà existante (ex : réflexe Heuring – Breuer).
Certains facteurs peuvent modifier l’apparition des réflexes ou le réflexe lui-même (ex : drogue, caféine, médicaments, etc.). Dans une expérience de Andrews on constate que quelque soient les boissons si elle contenait de la caféine il y avait une plus grande amplitude du clignement des yeux quand les sujets entendaient un son important.
Les réflexes se modifient aussi avec l’age. Dans une expérience de Koceja, avec comme variable l’âge, on voit que le réflexe soléaire s’intensifie quand le coup donné est plus fort mais que chez les sujets jeunes il est plus important.
Auto organisation et réflexes Une source de nourriture est séparée d’un nid de fourmis par un pont composé de deux branches de longueur égales A & B. Un peu de fourmi choisissent aléatoirement une branche où elles commencent à déposer des phéromones. Cette quantité de phéromones déposée sur cette branche va inciter les autres fourmis à choisir cette branche et ainsi de suite. L’accumulation de phéromones renforce la trace et conduit à la mise en place d’une boule de rétroaction positive (amplification). Un réflexe simple peut donc donner lieu à un phénomène complexe. Dans une deuxième expérience les deux branches sont de longueur différentes C & D. C’est là que l’on voit l’utilité de ce phénomène car les fourmis choisiront le chemin le plus court car il est marqué plus vite par les phéromones. Les fourmis ne communiquent pas directement entre elles. Les échanges d’informations passent par une modification de l’environnement. Ce mode de communication indirect a été baptisé stimergie. L’auto organisation chez la fourmi lasius niger n’a pour origine qu’un simple réflexe chimiotaxique.
Coordination héréditaire Réflexes simples ayant un intérêt certain pour l’espèce concernée. Par exemple l’oie ramène son œuf dans le nid par réflexe. Ces coordinations héréditaires ont 4 caractéristiques : . Elles sont produites par tous les membres de la même espèce. . Elles sont innées. . Ce sont des séquences stéréotypées. . Elles sont déclenchées par un événement extérieur (le stimulus signal).
Expérience de Tinbergen avec les stimuli signaux Si une épinoche voit un leurre avec une partie inférieure rouge elle attaque systématiquement. Il existe des stimuli signaux supra normaux, les réactions en chaînes (parade nuptiale de l’épinoche - comportement > réaction) qui se composent le plus souvent de coordinations héréditaires.
Provine pose aussi l’hypothèse que le bâillement chez l’être humain serait des coordinations héréditaires (ordre rigide qui ne peut être interrompue, inné et stéréotypé).
Apprentissage : modification des capacités d’un individu résultant de l’expérience. Expérience : exposition prolongée à un environnement donné.
Les mécanismes d’apprentissage concerneraient les changements qu’a la probabilité du comportement de se manifester. Les coordinations héréditaires peuvent se modifier avec l’expérience. Il peut y avoir modification chez le poussin par exemple d’un comportement hérité suite à l’expérience.
2 mécanismes : habituation et sensibilisation Leaton (76) : il a démontré le phénomène d’habituation en présentant à un rat chaque jour pendant 11 jours un son intense pendant 2 sec. Il observe que l’amplitude de la réaction diminue jour après jour. Habituation : diminution de l’intensité, de l’amplitude ou de la durée d’une réponse à un stimulus lors de la répétition de ce stimulus. Il peut y avoir disparition de ce phénomène si il n’a jamais été suivi d’un renforcement positif ou négatif et que l’on présente un autre stimulus. Babinski (85), a aussi démontré le phénomène d’habituation chez les nouveaux nés. Il a pour cela présenté à des enfants de 4 mois un damier de 4 fois 4 cases noires et blanches. Le réflexe de fixation diminue au fur et à mesure des présentations.
Sensibilisation : augmentation progressive de la réponse en fonction de la présentation successive du stimulus. Expérience de Davis en 71. Un rat est placé dans un stabilimétre. Un bruit de fond de 80 décibels est produit puis un bruit de 110 dB de 90 ms, 4000 Hz se produit 10 fois. Le phénomène est l’inverse, l’amplitude augmente.
Un réflexe implique : . Des réflexes sensoriels . Des effecteurs (muscles) . Des circuits nerveux reliant les 2 Il faut donc contrôler que la modification de l’amplitude n’a pas pour origine : . Une adaptation sensorielle . La fatigue Il y a aussi d’autres contrôles à faire : . Séparer la présentation des stimuli par un certain intervalle de temps . Utiliser un autre stimulus qui produise la réponse impliquée dans ce réflexe et montrer que ce stimulus a la propriété de déclencher la réponse pour laquelle on observe l’habituation. . Contrôler les modifications de la réponse qui sont indépendantes de la stimulation . Prévenir l’anticipation de la présentation du stimulus.
Déshabituation : retour temporaire de l’amplitude d’une réponse habituée à un haut niveau. La déshabituation peut se faire : . En présentant conjointement au stimulus à l’origine de l’habituation un autre stimulus. . En modifiant l’aspect du stimulus. . En modifiant le contexte de l’habituation (sans modifier le stimulus).
La théorie du double processus : Thomson . La présentation d’un stimulus peut augmenter la tendance à répondre grâce au mécanisme de sensibilisation en lien avec l’excitabilité de l’organisme. . La présentation d’un stimulus peut diminuer la tendance à répondre grâce au mécanisme d’habituation.
Ces deux mécanismes sont toujours impliqués dans le phénomène observé.
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