La gestion des dépôts et la fourniture de moyens de paiement
les banques fournissent aux déposants une série de services :
- sécurité : la banque est un lieu sécurisé où l'argent est en temps normal plus protégé qu'au domicile des particuliers. Elle fournit des coffres pour conserver des valeurs. Il faut néanmoins noter qu'un dépot est en fait un prêt gratuit à la banque qui utilise aussitôt la trésorerie reçue pour financer son activité. En cas de faillite de la banque les dépôts sont perdus sous réserve des garanties fournies par l'Etat.
- moyens de paiement : la banque permet de mobiliser son compte de dépôt de plusieurs façons :
* Elle fournit des chèques et en assure le règlement via le système de compensation. * Elle fournit des cartes de paiements du type Monéo où sera conservée de la monnaie électronique * Elle permet des virements vers d'autres comptes bancaires. * Elle fournit sur simple demande des espèces, billets de la banque centrale et pièces de monnaie. * Elle fournit une comptabilité des mouvements de fonds. * Elle fournit des "travellers checks". * Elle fournit des chèques de banque pour certaines transactions sécurisées. * Elle fournit des devises étrangères. * Elle fournit le moyen de transférer des fonds à l'étranger acceptés dans d'autres banques. * Elle peut collecter les espèces (grande distribution), les compter et les comptabiliser. * ...
La très grandes majorité de ces opérations sont payantes. L'Etat en imposant par exemple le paiement des salaires par virement à des comptes bancaires a rendu obligatoire l'utilisation des services des banques.
Les banques ont créé dans les 30 dernières années un réseau très serrée de succursales pour assurer ces services auprès des particuliers. Cette présence a profondément modifié la physionomie des villes. La tendance est de faire exécuter la majorité des opérations non plus par des guichetiers mais par l'usager lui même. beaucoup de banques ne fournissent plus de billets à leurs guichets et exigent de passer par les GAB, les distributeurs de billets. Ils impliquent la disposition d'une carte bancaire payante, permettant un double gain (frais de cartes et économie de personnel). Même la fourniture des extraits de compte est désormais en libre service dans des banques comme la BNP. La poussée d'Internet a permis l'établissement de banques sans succursales mais aussi le renvoi vers l'internaute, via des procédures sécurisées, de la plupart des opérations relatives au fonctionnement du compte chèque : consultation de la position et des mouvements, virements, demande de chéquiers etc. les services Internet étant ici aussi généralement payant la banque gagne deux fois : économie de personnel et facturation de frais.
En France les chèques sont "gratuits", étant entendu que la banque utilise les dépôts comme une ressource "gratuite".
Certains auteurs, comme le prix "Nobel" français Maurice Allais, ont longtemps bataillé pour que les dépôts ne puissent pas servir de base de prêts dans les banques et que celles ci facturent leurs services de fournir de moyens de paiements y compris les chèques aux prix de marchés. Cette solution éviterait que les détenteurs de comptes tremblent pour leur avoir en banque à chaque crise de confiance. La réduction constante de la part des dépôts dans la ressource bancaire rend cette suggestion moins difficile à admettre par les banques.
La fourniture de crédits et d'instruments de placement
Aux entreprises
Le premier service spécifique des banques aux entreprises est la gestion des traites (LCR, Billet à ordre...). L'escompte des traites est une des activités historiques des banques. Elle reste importante en France où la traite a la vie tenace, moins dans d'autres pays. L'escomptes des traites est un crédit relativement cours et relativement peu dangereux en temps normal. Une défaillance sur une traite peut conduire à la mise en faillite d'une entreprise !
Le crédit documentaire est un également un crédit sur document qui porte généralement sur des transactions commerciales avec l'étranger.
Le découvert bancaire est de venu progressivement le principal mode de prêt à court terme. Il est généralement accordé en contrepartie de l'obtention de garanties et de cautions sur le patrimoine de l'entreprise ou de ses dirigeants.
Avec la déspécialisation, les banques peuvent pratiquer généralement toutes les formes de crédit à plus ou moins long terme, avec des règles prudentielles et des techniques différentes selon les secteurs économiques. Leasing, financement du fonds de roulement, des stocks, des achats d'équipements, des opérations immobilières, l'ensemble des compartiment de l'actif d'une entreprise peut bénéficier du support des banques.
Les opérations sur le passif qui était le privilège des banques d'affaires sont désormais mise en oeuvre par toutes les banques "universelles".
Il peut s'agir d'introduction en bourse, de LBO, d'émission d'obligation, de cession ou d'achat d'autres entreprises, de prise de participation, de restructuration de l'endettement, de crédit relais, de titrisation de la dette clientèle, etc.
Les entreprises étant aujourd'hui capables de se financer directement sur différents marchés, se secteur bancaire a réagi en diminuant son rôle de prêteur et en augmentant celui de prestataire de service, sa rémunération dépendant désormais plus de commissions et moins de l'activité de crédit proprement dite.
En fait les banques se sont placées à toutes les phases de vie d'une entreprise : naissance, expansion, introduction en bourse, fusions, acquisitions, restructuration, sortie de côte, cession, ...
Elles peuvent également agir sur le crédit à la clientèle des entreprises qu'elles servent. C'est le cas des secteurs immobiliers (on prêt simultanément aux promoteurs, aux entreprises et aux acheteurs), de l'aviation (on finance la construction et les achats par les grands clients), l'automobile (on finance les stocks et en même temps l'achat des flottes par les entreprises et le crédit automobile des particuliers via des filiales spécialisées).
Une des contestations les plus fréquentes de ces activités provient des PME-PMI qui contrairement aux grands groupes ont en général beaucoup de mal à se faire financer notamment en phase de récession ou de mauvais climat des affaires. Les autorisations de découvert sont systématiquement retirées provoquant de graves difficultés de trésorerie exogènes et indépendantes de la santé des entreprises en question.
Aux particuliers
* Elle offre toute une série de placements à court terme comme des comptes ou plans d'épargne, des Sicav de trésorerie et autres instruments de placements quasi liquides. * Elle fabrique des produits financiers plus ou moins complexes qu'elles proposent aux gestionnaires de fortune. Elles peuvent avoir leur propre département de gestion de fortune
La consanguinité entre gestion de fortune et production de fonds de placement a été souvent dénoncé comme source de conflits d'intérêt, la banque pouvant utiliser les mandats de gestion de la gestion de fortune pour faire vivre ses propres produits de placement dans lesquels pouvaient être placer des produits plus ou moins "toxiques".
L'introduction massive des CDO dans les SICAV de trésorerie dites dynamiques a démontré les dangers de l'asymétrie dans la connaissance des risques entre gestionnaires et particuliers. La banque recevait d'un côté des commissions extrêmement importantes et de l'autre introduisait du risque non perçu par la clientèle.
De même l'introduction de produits d'escroquerie comme les différents fonds Madoff dans les comptes en mandat de gestion en contrepartie de très fortes commissions fait l'objet de sévères critiques, notamment pour les clients de la banque suisse UBS. On s'attend généralement à une certaine prudence et à des vérifications de la réalité des titres intégrés dans les portefeuilles. L'expérience a montré que cette espérance pouvait ne pas être exactement fondée, l'attrait des commissions l'emportant sur toute autre considération.
La banque peut également prendre des rémunérations pour placer des titres lors par exemple d'une introduction en bourse et toucher des commissions de mandats sur les portefeuilles qu'elle nourrit de ces titres non pas pour le meilleur soin du client mais pour le sien propre. Le cas le plus caricatural est celui de l'action Wanadoo introduite à très haut cours par certaines grandes banques françaises puis retirée à moitié prix quelques temps plus tard. Les portefeuilles sous mandat ont été gorgés de ces titres et ont perdu 50% de leur valeur sans que les épargnants puissent réagir. La banque elle a gagné deux fois sur une opération perdante pour ses clients.
Ces excès expliquent que des voix s'élèvent pour interdire les doubles rémunérations par les gestionnaires de fortune. Toucher à la fois des honoraires de gestion et aussi des courtages et des honoraires sur les titres placés est-il acceptable ? Même si la réalité de ces opérations est partiellement masqué par le fait que ce sont des parties différents de la banque voire des filiales différentes qui assurent ces doubles rémunérations ?
Un autre aspect de cette problématique tient aux activités de gestion pour compte propre de la banque qui peut spéculer et acquérir des titres dangereux qu'il est facile de "refiler" aux comptes en gestion de fortune. Il a été noté aux Etats Unis qu'une bonne part des produits titrisés à haut risque et hautes commissions ont d'abord été monté dans le cadre de la gestion pour compte propre avant d'être vendu avec commission aux épargnants. Des procès en cours en Suisse contre l'UBS pour des opérations du même genre (création d'ABS puis cession aux petits épargnants.
A l'Etat
Depuis que la Banque centrale ne peut plus directement financer le Trésor Public par la création de billets (une norme qui s'est progressivement généralisée et qui est appliquée notamment par la BCE, ce sont les banques qui financent les déficits publics. Des pays qui comme la France sont en situation de déficits constants pratiquement depuis la crise de 1974 on vu leur endettement s'envoler et représenter une part croissante du produit net bancaire. En France le crédit aux collectivités locales s'est également considérablement accru en proportion de l'extension considérable de leurs budgets depuis la décentralisation.
Ici encore de nombreuses voix s'élèvent contre une activité de prêt pratiquement captive qui voit la banque bénéficier pour son compte propre de la rente de création de monnaie au détriment de l'état, alors que le seigneuriage sur un financement en billets serait acquis à l'Etat.
La fourniture de garanties, cautions, et protections diverses
* les garanties de change. * L'assurance vie. * L'assurance collective sur les soldes des dépôts. * le cautionnement.
Source : Wikipedia.org
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